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Qui était Armand Fallières ?
Président de la République · 1841-1931
Dernière mise à jour : 16 août 2026
Avocat puis ministre à plusieurs reprises, président du Sénat, Fallières est élu président en 1906 face à Paul Doumer.
Son septennat voit la formation de la Triple-Entente en 1907 et une succession de gouvernements (Clemenceau, Briand, Poincaré). Il se retire définitivement à Mézin à la fin de son mandat en 1913.
🎲 Anecdote
il marchait deux heures chaque matin dans Paris, au point d'épuiser un photographe venu le suivre en 1906.
10 Questions qu'on se pose sur Armand Fallières
D'où vient Armand Fallières ?
Il naît en 1841 à Mézin, dans le Lot-et-Garonne, dans une famille modeste de petite fonction provinciale, loin des réseaux parisiens qui dominent alors la vie politique. Devenu avocat, il s'enracine dans sa région natale, dont il devient maire puis conseiller général avant de viser un mandat national. Cet ancrage provincial et cette absence de fortune marquent durablement son image publique de notable simple et proche du terrain.
Qu'est-ce qui a inspiré Armand Fallières ?
Sa carrière progresse par un engagement constant au sein des républicains modérés puis radicaux, dans la continuité des idéaux de la République opportuniste. Il occupe successivement plusieurs portefeuilles ministériels, dont l'Intérieur et la Justice, avant de devenir brièvement président du Conseil en 1883. Cette expérience gouvernementale variée, plus que l'ambition personnelle, le prépare progressivement aux plus hautes fonctions de l'État.
Quel a été le plus grand accomplissement d'Armand Fallières ?
Élu président de la République en 1906 face à Paul Doumer, il voit se former sous son septennat la Triple-Entente qui structure l'équilibre européen jusqu'à la Première Guerre mondiale. Il traverse sans crise majeure une succession de gouvernements radicaux, assurant une continuité institutionnelle appréciable. Son mandat s'achève normalement en 1913, confirmant la stabilisation du rôle présidentiel amorcée par ses prédécesseurs.
Quels obstacles Armand Fallières a-t-il dû surmonter ?
Son septennat est marqué par une forte agitation sociale, dont la grève des postiers de 1909 et la révolte des vignerons du Midi en 1907, qui menacent l'ordre public. Sa pratique quasi systématique de la grâce présidentielle envers les condamnés à mort, motivée par une opposition personnelle à la peine capitale, lui attire de vives critiques dans un climat de peur de la criminalité. La crue historique de la Seine en 1910 impose également une gestion de crise inédite en plein Paris.
Quel était son caractère au quotidien ?
Surnommé le « père Fallières », il cultive une image bonhomme et débonnaire, appréciant les longues marches matinales dans Paris au point d'épuiser un photographe venu le suivre en 1906. Sa réputation d'homme simple, attaché aux plaisirs de la table et à la vie provinciale, tranche avec la solennité habituelle de la fonction présidentielle. Cette affabilité masque cependant une réelle habileté politique, développée au fil de décennies de manœuvres parlementaires.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Armand Fallières ?
Sa pratique répétée de la grâce présidentielle, qui vide de fait la peine de mort de son application durant plusieurs années, déclenche une polémique nationale relayée par la presse, notamment lors de « l'affaire Soleilland » où l'opinion l'accuse de laxisme face à la criminalité. Cette controverse pousse même certains parlementaires à réclamer une réforme limitant le droit de grâce présidentiel. Fallières maintient malgré tout sa position, par conviction personnelle contre la peine capitale.
Quelle fut la vie familiale d'Armand Fallières ?
Il épouse en 1868 Jeanne Bresson, fille d'un notaire de Nérac, avec laquelle il a deux enfants. Sa vie familiale reste discrète, à l'image de son tempérament peu porté sur l'exposition publique. Ce lien constant avec sa terre natale nourrit son image de notable provincial resté fidèle à ses racines.
Quelle est la part du mythe dans la vie d'Armand Fallières ?
La caricature du bonhomme jovial, amateur de bons vins et de plaisanteries, largement diffusée par la presse satirique de l'époque, a longtemps occulté la réalité d'un homme politique aguerri, rompu depuis des décennies aux arcanes du Parlement. Cette image simplificatrice a contribué à minorer son rôle réel dans la stabilisation de la Triple-Entente et des institutions républicaines. Le mythe du « père Fallières » débonnaire tend ainsi à effacer la finesse politique du praticien.
Que reste-t-il d'Armand Fallières aujourd'hui ?
Son nom reste attaché à Mézin, où sa mémoire est toujours honorée localement, et à l'image bonhomme du président promeneur popularisée par les caricatures de son époque. Il incarne dans l'historiographie une présidence de transition, marquée par la stabilité institutionnelle et la consolidation des alliances européennes d'avant-guerre. Sa politique de grâce reste également citée dans les débats historiques sur la peine de mort en France.
Quelles sont les circonstances de la mort d'Armand Fallières ?
À la fin de son septennat en 1913, il se retire définitivement à Mézin, loin de l'agitation parisienne qu'il n'avait jamais vraiment appréciée. Il y meurt en 1931, à l'âge de 90 ans, après une longue retraite paisible dans sa région natale. Sa mort clôt une existence marquée par la fidélité à ses origines provinciales, jusque dans ses derniers instants.





