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Qui était Louis-Philippe ?
Roi des Français · 1773-1850
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
Fils du duc d'Orléans qui vota la mort de Louis XVI, Louis-Philippe a la biographie la plus romanesque de tous les monarques français : officier à Valmy, émigré, professeur de mathématiques en Suisse sous un faux nom, errant en Amérique et en Sicile avant de devenir "roi des Français" — et non "roi de France" — après la révolution de 1830, souverain d'une monarchie constitutionnelle bourgeoise.
Avec son parapluie et son chapeau de bourgeois, il cultive une image de simplicité qui lui vaut le surnom de "roi-citoyen", mais sa politique conservatrice et le suffrage censitaire qui exclut les classes populaires alimentent une opposition croissante. La révolution de 1848 le chasse en quarante-huit heures, et il finit sa vie à Claremont en Angleterre, dernier roi à avoir régné sur la France.
🎲 Anecdote
Louis-Philippe survécut à pas moins de sept tentatives d'assassinat en dix-huit ans de règne, ce qui constituait un record absolu pour un monarque européen. La plus spectaculaire fut la "machine infernale" de Fieschi en 1835 — une rangée de vingt-cinq canons simultanés qui tua dix-huit personnes autour de lui — dont il sortit indemne avec une égratignure à la tempe.
10 Questions qu'on se pose sur Louis-Philippe
D'où vient Louis-Philippe ?
Louis-Philippe naît le 6 octobre 1773 à Paris, au Palais-Royal. Il est le fils de Philippe d'Orléans, cousin du roi Louis XVI et futur Philippe Égalité, qui vota la mort de son cousin avant d'être guillotiné à son tour. Cette origine le place dans une position déchirée entre les deux France : celle des Bourbons légitimes et celle issue de la Révolution.
Qu'est-ce qui a inspiré Louis-Philippe ?
Ses années d'errance lui ont forgé un pragmatisme politique rare chez un prince. Après avoir combattu à Valmy comme officier révolutionnaire, émigré, enseigné les mathématiques sous un faux nom en Suisse et voyagé en Amérique et en Sicile, il revient convaincu que seule une monarchie constitutionnelle peut réconcilier la France avec elle-même. Il admire sincèrement le modèle anglais de gouvernement.
Quel a été le plus grand accomplissement de Louis-Philippe ?
Son règne de dix-huit ans — le plus long d'un monarque depuis Louis XVI — est marqué par une stabilité inédite et une prospérité économique réelle. Le réseau ferroviaire se développe, les industries s'implantent, la paix est maintenue en Europe. Il réussit à maintenir la France dans le concert des grandes puissances sans guerre majeure, ce qui était loin d'être acquis après les convulsions révolutionnaires de 1830.
Quels obstacles Louis-Philippe a-t-il dû surmonter ?
Les sept tentatives d'assassinat constituent l'obstacle le plus immédiat — record absolu pour un monarque européen. Mais la double hostilité permanente des légitimistes (qui le considéraient comme un usurpateur) et des républicains (qui lui reprochaient d'avoir conservé la monarchie) fut le défi politique le plus durable. Gouverner en équilibre entre ces deux fronts tout en gérant une classe ouvrière misérable épuisa progressivement son régime.
Quel était son caractère au quotidien ?
C'était un homme d'une intelligence remarquable, polyglotte, capable de parler pendant des heures de tout et de n'importe quoi. Sa simplicité volontairement affichée — chapeau bourgeois, parapluie, poignées de main dans la rue — était sincère mais aussi calculée. Ses ministres appréciaient sa vivacité d'esprit ; ses adversaires le trouvaient trop rusé, trop soucieux de tenir les ficelles personnellement.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Louis-Philippe ?
Son refus obstiné d'élargir le suffrage censitaire — seuls les hommes payant 200 francs d'impôts directs pouvaient voter, soit environ 250 000 électeurs pour 35 millions de Français — est l'erreur fatale de son règne. La formule de son ministre Guizot, « Enrichissez-vous ! », résume ce conservatisme social qui exclut des millions de travailleurs de la vie politique et rend la révolution de 1848 inévitable.
Quelle fut la vie familiale de Louis-Philippe ?
Marié en 1809 à Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, leur union fut un vrai mariage d'amour, remarquable pour un prince. Ils eurent huit enfants. La mort accidentelle de son fils aîné Ferdinand, duc d'Orléans, dans un accident de voiture en 1842, le dévaste personnellement et fragilise la succession dynastique. Sa fidélité constante à sa femme est souvent citée comme l'une de ses rares vertus incontestées.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Louis-Philippe ?
L'image du roi-citoyen se promenant simplement parmi le peuple est largement mythifiée. Louis-Philippe était en réalité l'un des hommes les plus riches d'Europe, propriétaire d'un patrimoine immobilier et forestier colossal. Sa simplicité était une posture politique consciente, non un mode de vie réel. Le mythe inverse — celui du roi vendu à la haute finance — est lui aussi exagéré : il se méfiait des banquiers autant qu'il en avait besoin.
Que reste-t-il de Louis-Philippe aujourd'hui ?
Il est le dernier roi à avoir régné sur la France. Son règne pose les bases de la bourgeoisie triomphante qui dominera la IIIe République. Sur le plan patrimonial, il fit don à l'État du château de Versailles et de ses collections en 1837, créant le musée national que le monde entier visite aujourd'hui. La maison d'Orléans reste l'une des dynasties les plus présentes dans la vie publique française.
Quelles sont les circonstances de la mort de Louis-Philippe ?
La révolution de février 1848 l'emporte en quarante-huit heures. Il abdique le 24 février et fuit à travers la banlieue parisienne déguisé en bourgeois sous le faux nom de M. Smith. Réfugié en Angleterre et installé au château de Claremont dans le Surrey, il meurt le 26 août 1850, à l'âge de 76 ans, d'un épuisement général. La reine Victoria, qui lui avait accordé l'asile, assiste à ses funérailles.





