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Qui était Philippe Auguste ?
Roi de France · 1165–1223
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
Montant sur le trône à 15 ans, Philippe II dit "Auguste" fait plus que doubler le domaine royal en reprenant aux Plantagenêts leurs territoires français lors d'une campagne qui culmine à la bataille de Bouvines en 1214, victoire fondatrice de l'identité nationale française.
Il transforme Paris en véritable capitale en faisant paver ses rues, construire l'enceinte fortifiée qui porte son nom et poser les premières pierres du Louvre comme forteresse royale. Sa rivalité acharnée avec Richard Cœur de Lion, compagnon de croisade et ennemi implacable, domina toute la politique européenne de son époque.
🎲 Anecdote
Pendant la troisième croisade, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se détestaient si cordialement qu'ils faillirent en venir aux mains devant les murs d'Acre. Philippe rentra en France avant la fin de la croisade — officiellement pour raisons de santé — laissant Richard seul face à Saladin, et s'empressa d'attaquer ses terres en son absence.
10 Questions qu'on se pose sur Philippe Auguste
D'où vient Philippe Auguste ?
Philippe naît en 1165 à Gonesse, fils du roi Louis VII et d'Adèle de Champagne. Il est l'héritier longtemps espéré d'un père qui n'avait eu que des filles ; sa naissance provoque des réjouissances dans tout le royaume. Il monte sur le trône à seulement 15 ans en 1180, à la mort de son père.
Qu'est-ce qui a inspiré Philippe Auguste ?
La conscience aiguë des humiliations subies par son père face aux Plantagenêts d'Angleterre, qui contrôlaient plus de la moitié du territoire français, forge sa détermination à récupérer ces terres. Comprenant que la puissance royale exige d'abord de briser la tutelle des grands vassaux, il construit toute sa politique autour d'un objectif : agrandir le domaine royal et imposer l'autorité du roi.
Quel a été le plus grand accomplissement de Philippe Auguste ?
La bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, est son chef-d'œuvre : ses armées écrasent une coalition formée de l'empire germanique, de l'Angleterre et de la Flandre, fixant les frontières de la France médiévale pour des siècles. Par ses reconquêtes sur les Plantagenêts — Normandie, Maine, Anjou, Poitou —, il triple le domaine royal et s'impose comme le roi le plus puissant d'Occident.
Quels obstacles Philippe Auguste a-t-il dû surmonter ?
Dès son accession au trône, il affronte les intrigues de barons qui veulent garder leur indépendance, puis la menace permanente des rois Plantagenêts Henri II et Richard Cœur de Lion. Lors de la troisième croisade, sa rivalité avec Richard tourne à la querelle ouverte ; rentré en France avant la fin, il est accusé de lâchage par ses contemporains et sa réputation en souffre durablement.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses chroniqueurs le décrivent comme un homme prudent, méthodique et calculateur, peu porté sur les grands éclats mais redoutable dans la négociation. Il mangeait et buvait sobrement, préférant les décisions mûrement réfléchies aux coups d'éclat chevaleresques. Son surnom « Auguste » — qu'on lui donnait déjà de son vivant — évoquait autant sa dignité impériale que le mois d'août de sa naissance.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Philippe Auguste ?
Sa vie conjugale fut un scandale retentissant : après la mort de sa première femme Isabelle de Hainaut, il épouse Ingeburge de Danemark puis la répudie le lendemain même de leur nuit de noces, pour des raisons restées mystérieuses. Il prend alors une troisième épouse sans autorisation papale, s'attirant un interdit qui prive la France de sacrements pendant des mois.
Quelle fut la vie familiale de Philippe Auguste ?
Il épouse trois femmes : Isabelle de Hainaut (mère de son héritier Louis VIII), Ingeburge de Danemark (qu'il répudie avant de la reprendre sous pression papale vingt ans plus tard), et Agnès de Méranie. Sa relation avec Ingeburge demeure l'une des plus énigmatiques de l'histoire médiévale : il la rejette sans explication, l'emprisonne, puis la reconnaît à nouveau sans jamais l'aimer.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Philippe Auguste ?
La légende a fait de Bouvines une victoire populaire et nationale, première grande conscience identitaire française. En réalité, c'est d'abord une victoire royale et féodale : le peuple n'y participe guère. L'image d'un Philippe courageux combattant au milieu de la mêlée est attestée, mais elle a été soigneusement amplifiée par les chroniqueurs royaux pour légitimer la monarchie capétienne.
Que reste-t-il de Philippe Auguste aujourd'hui ?
Il a donné à Paris son premier visage de capitale digne : la première enceinte fortifiée, les premières rues pavées, les marchés des Halles, les fondations du Louvre comme forteresse royale. Ses conquêtes territoriales définissent le noyau dur du royaume de France médiéval. Les historiens le considèrent comme le véritable fondateur de l'État royal capétien moderne.
Quelles sont les circonstances de la mort de Philippe Auguste ?
Il meurt le 14 juillet 1223 à Mantes, d'une forte fièvre contractée lors d'une campagne militaire, à l'âge de 57 ans. Ses funérailles à la basilique Saint-Denis sont solennelles, mais sa mort passe presque inaperçue tant son fils Louis VIII lui succède sans contestation — preuve ultime que Philippe avait réussi à rendre le trône incontestable.





