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Qui était Édouard Daladier ?

Homme d'État · 1884-1970

Dernière mise à jour : 10 août 2026

Édouard Daladier naît le 18 juin 1884 à Carpentras, fils d'un boulanger, et devient agrégé d'histoire-géographie avant de se lancer en politique.

Député radical-socialiste du Vaucluse à partir de 1919, il occupe plusieurs portefeuilles ministériels puis devient président du Conseil à trois reprises entre 1933 et 1940. C'est lui qui signe le 30 septembre 1938 les accords de Munich, cédant les Sudètes à Hitler sans contrepartie réelle, avant de proclamer la déclaration de guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. Arrêté sous le régime de Vichy et jugé au procès de Riom, il est interné en Allemagne jusqu'à la fin de la guerre, puis retrouve un siège de député de 1946 à 1958.

🎲 Anecdote

Rentré à Paris après Munich sous les acclamations d'une foule soulagée d'avoir évité la guerre, il aurait confié à son entourage, désabusé, « Ah les cons, s'ils savaient ! », mesurant déjà la fragilité de l'accord qu'il venait de signer.

10 Questions qu'on se pose sur Édouard Daladier

D'où vient Édouard Daladier ?

Il naît le 18 juin 1884 à Carpentras, dans le Vaucluse, fils d'un boulanger, un milieu modeste bien éloigné des élites parisiennes. Brillant élève, il devient agrégé d'histoire-géographie avant de se tourner vers la politique radicale-socialiste, incarnant l'ascension méritocratique typique de la IIIe République.

Qu'est-ce qui a inspiré Édouard Daladier ?

Son expérience de combattant durant la Première Guerre mondiale, où il est plusieurs fois cité et blessé, forge sa réputation d'homme d'État solide, surnommé plus tard « le Taureau du Vaucluse ». Cette légitimité de terrain le propulse rapidement vers les plus hautes responsabilités du parti radical.

Quel a été le plus grand accomplissement d'Édouard Daladier ?

Président du Conseil à trois reprises entre 1933 et 1940, il reste surtout associé à la signature des accords de Munich le 30 septembre 1938, qui cèdent les Sudètes à l'Allemagne nazie pour éviter la guerre. Il proclame ensuite, le 3 septembre 1939, la déclaration de guerre à l'Allemagne après l'invasion de la Pologne.

Quels obstacles Édouard Daladier a-t-il dû surmonter ?

Il doit gérer dans l'urgence la crise du 6 février 1934, lorsque des émeutes d'extrême droite manquent de faire tomber le régime, puis la montée des périls extérieurs face à une opinion publique divisée entre pacifisme et fermeté. Après la défaite de 1940, il est arrêté par le régime de Vichy, jugé au procès de Riom puis interné en Allemagne jusqu'à la fin de la guerre.

Quel était son caractère au quotidien ?

Malgré son surnom martial de « Taureau du Vaucluse », ses proches le décrivaient comme un homme hésitant et anxieux dans l'intimité des décisions, notamment lors des tractations de Munich. Ce décalage entre l'image publique de fermeté et le doute intérieur a souvent été souligné par les témoins de l'époque.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Édouard Daladier ?

Les accords de Munich, salués sur le moment comme un soulagement, sont rapidement jugés par l'Histoire comme une capitulation qui n'a fait que retarder d'un an le déclenchement de la guerre. Sa responsabilité dans l'impréparation militaire de la France face à l'Allemagne reste également très débattue.

Quelle fut la vie familiale d'Édouard Daladier ?

Marié à Madeleine Laffont, il perd son épouse dès 1932, restant seul pour élever ses deux fils tout en poursuivant une carrière politique exigeante. Il se remarie plus tard avec Jeanne Bocquet, qui l'accompagne durant les années d'épreuves de la guerre et de l'après-guerre.

Quelle est la part du mythe dans la vie d'Édouard Daladier ?

Le surnom de « Taureau du Vaucluse », censé incarner la force tranquille, contraste avec les doutes réels qui l'assaillent à Munich ; certains témoins rapportent qu'il aurait murmuré à son retour, en voyant la foule l'acclamer, une phrase désabusée mesurant la fragilité de l'accord signé. Cette image de force est donc largement un habillage médiatique plus que le reflet de l'homme.

Que reste-t-il d'Édouard Daladier aujourd'hui ?

Son nom reste indissociable des accords de Munich, devenus dans la mémoire collective le symbole même de la politique d'apaisement face à Hitler et de ses limites tragiques. Il demeure une figure centrale, souvent controversée, de l'histoire politique française de l'entre-deux-guerres.

Quelles sont les circonstances de la mort d'Édouard Daladier ?

Après avoir retrouvé un siège de député de 1946 à 1958, il se retire progressivement de la vie politique et meurt le 10 octobre 1970 à Paris, à l'âge de 86 ans. Il s'éteint dans une relative discrétion, bien loin des tumultes qui avaient marqué sa carrière dans les années 1930.

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