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Qui était Joseph Kessel ?
Écrivain et journaliste · 1898-1979
Dernière mise à jour : 19 août 2026
Né en Argentine de parents juifs lituaniens émigrés, il grandit entre plusieurs continents avant de s'installer en France, où il embrasse très tôt une double carrière de journaliste grand reporter et d'écrivain aventurier.
Pilote pendant la Première Guerre mondiale, il parcourt ensuite le monde entier comme correspondant de guerre, rapportant des reportages marquants sur la Russie révolutionnaire, l'Espagne ou l'Afghanistan, qui nourrissent une œuvre romanesque abondante dont Belle de jour et Le Lion. Résistant pendant l'Occupation, réfugié à Londres, il co-écrit avec son neveu Maurice Druon les paroles du Chant des Partisans, hymne de la Résistance française devenu depuis un symbole national.
🎲 Anecdote
élu à l'Académie française en 1962, il y siège vêtu, dit-on, d'un habit vert traditionnel qu'il porte avec le même goût de l'aventure que ses reportages les plus périlleux.
10 Questions qu'on se pose sur Joseph Kessel
D'où vient Joseph Kessel ?
Il naît en 1898 en Argentine, où ses parents, des juifs originaires de Lituanie, se sont installés avant de repartir peu après pour la Russie puis pour la France. Fils d'un médecin cultivé, il grandit dans un environnement cosmopolite, nourri de plusieurs langues et de récits de voyage qui marquent durablement son imaginaire. La famille se fixe finalement à Nice puis à Paris, où le jeune Kessel poursuit des études classiques avant de se tourner vers le journalisme.
Qu'est-ce qui a inspiré Joseph Kessel ?
Son engagement comme pilote pendant la Première Guerre mondiale lui révèle le goût de l'aventure et du danger qui irriguera toute son œuvre future. Devenu grand reporter dans l'entre-deux-guerres, il parcourt la Russie révolutionnaire, la Palestine et l'Afghanistan, des expériences de terrain qui nourrissent directement ses romans autant que ses articles. Cette conviction que le journalisme et la littérature se nourrissent l'un l'autre façonne toute sa carrière d'écrivain-reporter.
Quel a été le plus grand accomplissement de Joseph Kessel ?
Son œuvre romanesque, de L'Équipage à Le Lion en passant par Belle de jour, impose une manière unique de mêler reportage vécu et souffle romanesque, qui séduit un très large public. Réfugié à Londres pendant l'Occupation, il co-écrit en 1943 avec son neveu Maurice Druon les paroles du Chant des Partisans, hymne de la Résistance française devenu depuis un symbole national. Cette double réussite, littéraire et patriotique, lui vaut d'être élu à l'Académie française en 1962.
Quels obstacles Joseph Kessel a-t-il dû surmonter ?
Contraint à l'exil à Londres en 1943 pour échapper à l'Occupation, il doit reconstruire loin de la France une vie et une carrière déjà bien établies, tout en s'engageant activement dans la France libre. Son mode de vie tourbillonnant, marqué par l'alcool, le jeu et les voyages incessants, met régulièrement à l'épreuve sa santé et ses finances. Il doit aussi composer avec l'image d'aventurier flamboyant qui lui colle à la peau, parfois au détriment de la reconnaissance de la rigueur de son travail de reporter.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses proches le décrivent comme un bon vivant exubérant, généreux et chaleureux, surnommé familièrement « Jef », toujours prêt à repartir vers un nouveau front ou une nouvelle aventure. Il cultive avec délectation le goût du récit oral, captivant ses interlocuteurs de mille anecdotes vécues aux quatre coins du monde. Cette énergie débordante s'accompagne d'un penchant assumé pour les nuits parisiennes, les tables de jeu et la compagnie des femmes.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Joseph Kessel ?
Certains critiques lui reprochent d'avoir souvent enjolivé ou dramatisé ses propres exploits, brouillant la frontière entre le reportage rigoureux et la légende personnelle qu'il aimait entretenir. Ses romans d'aventure orientalistes, comme Fortune carrée, reflètent aussi une vision de l'Orient et de ses peuples aujourd'hui jugée datée, empreinte des clichés coloniaux de son époque. Ces réserves n'ont toutefois jamais entamé sérieusement le succès populaire durable de son œuvre.
Quelle fut la vie familiale de Joseph Kessel ?
Il grandit aux côtés de son frère cadet Georges, lui aussi journaliste, avec lequel il partage très tôt le goût du reportage. Son neveu Maurice Druon, fils de sa sœur, devient son plus proche complice littéraire, coauteur avec lui du Chant des Partisans avant de connaître à son tour une brillante carrière d'écrivain et d'académicien. Kessel se marie à plusieurs reprises mais ne laisse pas de descendance, sa vie affective restant largement éclipsée par son inlassable vie de voyageur.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Joseph Kessel ?
Kessel a largement contribué de son vivant à forger sa propre légende de globe-trotter téméraire, multipliant les récits flamboyants de ses exploits à la table des cafés parisiens. La réalité de ses reportages, toujours solidement documentés, était déjà suffisamment spectaculaire, mais l'écrivain n'a jamais résisté à la tentation d'en accentuer le panache pour ses auditoires. Cette théâtralisation assumée de sa propre existence a fini par se confondre, dans la mémoire collective, avec l'œuvre elle-même.
Que reste-t-il de Joseph Kessel aujourd'hui ?
Le Chant des Partisans continue d'être entonné lors des commémorations officielles de la Résistance, gardant vivante la mémoire de son engagement pendant la guerre. Ses romans, réédités et adaptés au cinéma comme Belle de jour par Luis Buñuel, restent des classiques largement lus et étudiés. Le prix littéraire Joseph-Kessel, créé en son honneur, perpétue chaque année l'exigence de reportage vécu qu'il incarnait.
Quelles sont les circonstances de la mort de Joseph Kessel ?
Il meurt en 1979 dans sa maison d'Avernes, dans le Val-d'Oise, à l'âge de quatre-vingt-un ans, après une existence entièrement vouée au voyage et à l'écriture. Sa disparition est saluée comme la perte d'une des dernières grandes figures du grand reportage à l'ancienne, de celles qui avaient vu le siècle se faire sur le terrain plutôt que depuis une rédaction. Conformément à son tempérament, il s'éteint paisiblement, loin de l'agitation des fronts qu'il avait arpentés toute sa vie.





