Histoire.coolCréer un album
🔍 Voir en grand

Collectionne les 150 personnages incontournables de l'Histoire de France

  • Album éducatif 100% gratuit
  • 5 vignettes offertes chaque jour
  • Pour les passionné(e)s d'Histoire
Crée ton album gratuitement
République

Qui était Jules Ferry ?

Homme d'état · 1832-1893

Dernière mise à jour : 18 juin 2026

Avocat républicain devenu maire de Paris pendant le siège prussien, Jules Ferry s'impose comme l'architecte de la République laïque en faisant voter entre 1881 et 1882 les lois qui rendent l'école primaire gratuite, obligatoire et laïque — retirant des murs les crucifix et remplaçant les religieux par des instituteurs formés dans les nouvelles écoles normales.

Président du Conseil à deux reprises, il est aussi le père de l'expansion coloniale française en Indochine et en Afrique, convaincu que la France a une "mission civilisatrice" qui lui vaut une opposition féroce de Clemenceau et de la gauche antimilitariste. Son nom reste associé à l'école républicaine au point que des générations de Français ont appris à lire dans "l'école de Jules Ferry" sans savoir qui il était.

🎲 Anecdote

Ferry était surnommé "Jules le Tonkinois" par ses opposants après les revers militaires français en Indochine, et fut renversé du pouvoir en 1885 dans un tumulte parlementaire retentissant. Sa chute fut si brutale et son impopularité si soudaine qu'il ne put se montrer dans certains quartiers de Paris sans risquer d'être insulté — cruel retournement pour l'homme qui avait fait de la République l'espoir d'une génération.

Source : RTL

10 Questions qu'on se pose sur Jules Ferry

D'où vient Jules Ferry ?

Jules Ferry naît en 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, au sein d'une famille de la bourgeoisie provinciale républicaine — son père était avocat et républicain convaincu. Il fait ses études de droit à Paris, où il se forge une vision laïque et progressiste qui le heurte très tôt à l'Église et aux milieux catholiques conservateurs.

Qu'est-ce qui a inspiré Jules Ferry ?

Son modèle est Auguste Comte, le père du positivisme, dont il lit les œuvres avec ferveur : la société doit être réorganisée par la science et l'éducation, non par la religion. C'est cette conviction philosophique profonde — et non un anticléricalisme de surface — qui le pousse à laïciser l'école avec une rigueur méthodique et sans concession.

Quel a été le plus grand accomplissement de Ferry ?

Les lois scolaires de 1881-1882 restent son chef-d'œuvre : l'école primaire devient gratuite, obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans, et débarrassée de tout symbole et personnel religieux. En une décennie, le taux d'alphabétisation bondit et l'instituteur laïque — le « hussard noir de la République » — devient le pilier des campagnes françaises pour un siècle entier.

Quels obstacles Ferry a-t-il dû surmonter ?

La résistance de l'Église et des milieux catholiques est acharnée : des prêtres incitent les familles à retirer leurs enfants de l'école publique, et le débat parlementaire sur les « lois Ferry » est d'une violence rare. Sur le front colonial, les défaites militaires en Indochine en 1885 lui valent d'être renversé dans un tumulte à la Chambre, où Clemenceau l'accuse de trahison nationale.

Quel était son caractère au quotidien ?

Ferry était connu pour être froid, distant, parfois cassant — rien à voir avec les grands tribuns de son temps. Ses collaborateurs le dépeignent comme un bourreau de travail peu habile aux relations humaines, plus à l'aise dans les dossiers que dans les salons. Cette raideur lui a coûté cher en popularité, mais lui a permis de mener ses réformes avec une ténacité d'acier.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Ferry ?

Sa politique coloniale reste sa plus grande source de controverse. Dans un discours célèbre de 1885, il affirme que les « races supérieures » ont un devoir de civiliser les « races inférieures » — des propos qui choquent une partie de la gauche, dont Clemenceau, et qui font de Ferry une figure ambivalente : réformateur progressiste en métropole, défenseur d'un impérialisme brutal outre-mer.

Quelle fut la vie familiale de Ferry ?

Il épouse en 1875 Eugénie Risler, issue d'une famille bourgeoise alsacienne, avec qui il a une vie conjugale discrète et apparemment heureuse. Le couple n'a pas d'enfant. Son frère Charles, député lui aussi, reste son plus proche allié politique tout au long de sa carrière.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Ferry ?

L'image de « Jules Ferry père de l'école laïque » tend à effacer la complexité du personnage. La laïcisation de l'école était un processus déjà engagé avant lui, et ses lois ont été préparées par une génération de pédagogues et de républicains. De même, son rôle dans l'expansion coloniale — souvent passé sous silence dans les manuels — est au moins aussi important que ses réformes scolaires.

Que reste-t-il de Ferry aujourd'hui ?

Son nom est donné à des milliers d'écoles et de rues à travers la France — hommage durable d'une République qui lui doit son socle éducatif. La laïcité scolaire qu'il a codifiée est encore aujourd'hui au cœur des débats politiques français sur le voile, l'instruction à domicile ou la place du religieux à l'école. Peu d'hommes politiques du XIXe siècle ont eu une influence aussi concrète et durable sur la vie quotidienne des Français.

Quelles sont les circonstances de la mort de Ferry ?

Jules Ferry meurt le 17 mars 1893 à Paris, d'une insuffisance cardiaque, à 61 ans. Il avait été grièvement blessé quelques semaines plus tôt par un déséquilibré qui lui avait tiré dessus à bout portant à son domicile, ce qui avait accéléré son déclin. Il avait demandé à être enterré simplement, face à la « ligne bleue des Vosges », la frontière perdue face à l'Allemagne, geste symbolique ultime pour l'homme de la revanche et de la résignation.

Pour aller plus loin

À découvrir aussi

Adolphe Thiers
Adolphe Thiers
1797-1877
Léon Gambetta
Léon Gambetta
1838-1882
Aristide Briand
Aristide Briand
1862-1932