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Qui était Gustave Flaubert ?

Écrivain · 1821-1880

Dernière mise à jour : 4 septembre 2026

Gustave Flaubert naît en 1821 à Rouen, fils d'un chirurgien réputé de l'Hôtel-Dieu.

Après des études de droit interrompues par une grave crise nerveuse en 1844, il se consacre entièrement à la littérature, retiré dans la propriété familiale de Croisset, et révolutionne le roman français par une exigence stylistique obsessionnelle en quête du « mot juste ». Il impose avec Madame Bovary (1857) un réalisme d'une précision inédite, qui lui vaut un procès retentissant pour outrage à la morale publique, puis complète son œuvre avec Salammbô, L'Éducation sentimentale et le roman inachevé Bouvard et Pécuchet.

🎲 Anecdote

Flaubert affirmait s'identifier totalement à son héroïne au point de déclarer « Madame Bovary, c'est moi » — et l'on raconte qu'il ressentit lui-même le goût de l'arsenic en écrivant la scène de l'empoisonnement d'Emma, au point d'en vomir.

Source : 2000 ans d'histoire

10 Questions qu'on se pose sur Gustave Flaubert

D'où vient Gustave Flaubert ?

Il naît le 12 décembre 1821 à Rouen, fils d'Achille-Cléophas Flaubert, chirurgien-chef réputé de l'Hôtel-Dieu de la ville. Grandissant dans l'enceinte même de l'hôpital, il côtoie très jeune la maladie et la mort, une proximité qui marquera durablement son regard clinique sur l'existence. Cette éducation bourgeoise et provinciale, empreinte de rigueur scientifique, contraste avec la vocation littéraire qu'il embrasse contre l'avis initial de sa famille.

Qu'est-ce qui a inspiré Gustave Flaubert ?

Une grave crise nerveuse en 1844, probablement de nature épileptique, le contraint à abandonner ses études de droit à Paris et le pousse à se consacrer entièrement à l'écriture. Sa lecture assidue des grands classiques et son exigence stylistique, héritée en partie de son mentor Louis Bouilhet, façonnent sa quête obsessionnelle du style parfait. Le fait divers qui inspire Madame Bovary, l'histoire d'une femme de médecin normande ruinée par ses adultères, lui est soufflé par ses proches.

Quel a été le plus grand accomplissement de Gustave Flaubert ?

La publication de Madame Bovary en 1857, d'abord en feuilleton puis en volume, impose un réalisme littéraire d'une précision inédite qui bouleverse durablement le roman français. Son obsession du « mot juste », qui le pousse à retravailler chaque phrase pendant des heures, fait de lui une référence absolue en matière de style. Son influence s'étend directement sur des générations d'écrivains, de Maupassant à Zola en passant par les naturalistes.

Quels obstacles Gustave Flaubert a-t-il dû surmonter ?

Sa maladie nerveuse, qui le frappe dès 1844, l'oblige à mener une existence recluse à Croisset, loin de l'agitation parisienne qu'il observe pourtant avec attention. La publication de Madame Bovary lui vaut immédiatement un procès pour outrage à la morale publique et à la religion en 1857, dont il sort finalement acquitté. Ses difficultés financières croissantes dans ses dernières années, aggravées par la ruine de son neveu par alliance, assombrissent la fin de sa vie.

Quel était son caractère au quotidien ?

Flaubert cultive une vie de reclus studieux à Croisset, rythmée par un travail acharné et des nuits entières passées à polir une seule phrase. Il se montre volontiers misanthrope et sarcastique dans sa correspondance, rageant contre la bêtise bourgeoise qu'il traque et moque sans relâche. Ses amitiés littéraires, notamment avec George Sand et Tourgueniev, révèlent pourtant un homme capable d'une grande fidélité et d'une sensibilité profonde.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Gustave Flaubert ?

Le procès intenté contre Madame Bovary en 1857 pour « outrage à la morale publique et religieuse » reste l'épisode le plus retentissant de sa carrière, le livre étant jugé trop cru dans sa peinture de l'adultère. Son acquittement, obtenu de justesse, contribue paradoxalement à la célébrité immédiate du roman. Cette bataille judiciaire illustre les tensions de son époque entre la liberté de création littéraire et les normes morales du Second Empire.

Quelle fut la vie familiale de Gustave Flaubert ?

Resté célibataire toute sa vie, il entretient une relation passionnée et tumultueuse avec la poétesse Louise Colet pendant près d'une décennie, largement documentée par leur correspondance. Il voue une affection profonde à sa nièce Caroline, qu'il élève après la mort de son beau-frère, et dont la ruine financière du mari le contraint à de lourds sacrifices matériels en fin de vie. Sa mère, avec qui il vit à Croisset jusqu'à la mort de celle-ci en 1872, occupe une place centrale dans son existence.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Gustave Flaubert ?

La phrase « Madame Bovary, c'est moi », devenue emblématique, n'est attestée par aucune source contemporaine fiable et pourrait être apocryphe, bien qu'elle résume assez bien son identification à son personnage. L'image d'un Flaubert exclusivement reclus à Croisset occulte ses nombreux séjours parisiens et ses voyages, notamment en Égypte et en Tunisie pour préparer Salammbô. Sa réputation de perfectionniste absolu, bien réelle, a aussi nourri une légende un peu caricaturale de l'écrivain torturé par chaque virgule.

Que reste-t-il de Gustave Flaubert aujourd'hui ?

Madame Bovary demeure une œuvre fondatrice du roman réaliste moderne, étudiée dans le monde entier et régulièrement adaptée au cinéma. Sa maison de Croisset, en grande partie détruite, et le musée Flaubert de Rouen perpétuent la mémoire de l'écrivain dans sa ville natale. Son exigence stylistique continue d'incarner, pour les écrivains contemporains, l'idéal d'une prose parfaitement maîtrisée.

Quelles sont les circonstances de la mort de Gustave Flaubert ?

Il meurt subitement d'une hémorragie cérébrale le 8 mai 1880 à Croisset, alors qu'il travaillait encore à son roman inachevé Bouvard et Pécuchet. Sa mort survient dans une relative gêne financière, la ruine de son neveu par alliance ayant englouti une grande partie de sa fortune les années précédentes. Ses obsèques rassemblent notamment Zola, Daudet et Maupassant, témoignant de l'influence qu'il exerçait déjà sur la génération naturaliste.

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