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Qui était Jean Casimir-Perier ?
Président de la République · 1847-1907
Dernière mise à jour : 16 août 2026
Député puis président de la Chambre, président du Conseil en 1893, Casimir-Perier est élu président en juin 1894 après l'assassinat de Sadi Carnot, dans un climat tendu marqué par les débuts de l'affaire Dreyfus.
Jugeant la fonction privée de réels moyens d'action, il démissionne dès janvier 1895 — le plus court mandat de l'histoire de la fonction.
🎲 Anecdote
capitaine de mobiles en 1870, il avait équipé sa compagnie à ses propres frais et fut décoré pour sa conduite au combat.
10 Questions qu'on se pose sur Jean Casimir-Perier
D'où vient Jean Casimir-Perier ?
Il naît en 1847 à Paris dans une grande famille de la haute bourgeoisie industrielle et politique : son grand-père Casimir Perier fut président du Conseil sous Louis-Philippe, son père ministre au début de la IIIe République. Une fortune bâtie sur les houillères d'Anzin et une longue tradition de service de l'État façonnent son éducation. Il grandit dans l'idée que gouverner relève d'une continuité familiale plutôt que d'une ambition personnelle.
Qu'est-ce qui a inspiré Jean Casimir-Perier ?
Son engagement de capitaine de mobiles pendant la guerre de 1870, où il équipe sa compagnie à ses propres frais, révèle très tôt un sens aigu du devoir. Cette expérience du feu, suivie d'une élection comme député de l'Aube dès 1874, le lance dans une carrière politique rapide dans la tradition familiale ralliée à la République. Il gravit ensuite les échelons ministériels et parlementaires avec la même discipline.
Quel a été le plus grand accomplissement de Jean Casimir-Perier ?
Président de la Chambre des députés puis président du Conseil dès 1893, il est élu président de la République en juin 1894, trois jours seulement après l'assassinat de Sadi Carnot. Sa présidence, bien que très brève, marque un moment de stabilisation institutionnelle dans un climat d'attentats anarchistes et de tensions sociales. Il incarne alors la continuité de l'État à un moment particulièrement fragile de la IIIe République.
Quels obstacles Jean Casimir-Perier a-t-il dû surmonter ?
Il hérite d'un climat politique explosif : vague d'attentats anarchistes, scandale de Panama encore dans les mémoires, et débuts de l'affaire Dreyfus qui éclate durant son mandat. Il se heurte surtout à l'impuissance constitutionnelle de sa fonction, les ministres décidant sans le consulter sur des sujets sensibles comme la politique coloniale à Madagascar. Cette marginalisation progressive finit par le convaincre que la présidence, telle que conçue en 1875, ne lui laisse aucune prise réelle sur les affaires.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses contemporains décrivent un homme réservé, fier, presque hautain, peu enclin aux compromis qu'exige la vie parlementaire. Habitué depuis l'enfance à l'exercice du pouvoir dans sa famille, il supporte mal d'être tenu à l'écart des décisions une fois à l'Élysée. Cette sensibilité à l'affront explique en partie la rapidité de son départ.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Jean Casimir-Perier ?
Sa démission surprise, le 15 janvier 1895 après seulement sept mois de mandat, reste l'épisode le plus discuté de sa carrière : certains y voient une désertion face aux difficultés, d'autres un geste de dignité contre une fonction vidée de pouvoir réel. Le contexte de l'affaire Dreyfus naissante, où il est accusé par certains de mollesse, alimente encore la polémique. Ce départ précipité en fait, à ce jour, le plus court mandat présidentiel de l'histoire de la République.
Quelle fut la vie familiale de Jean Casimir-Perier ?
Il épouse en 1873 sa cousine Hélène Perier-Vitet, dont l'influence sur sa carrière est jugée déterminante par plusieurs historiens, jusque dans sa décision de se présenter à la présidence. Ce mariage au sein même de la famille resserre encore les liens d'une lignée déjà considérable dans la haute bourgeoisie parisienne. Après sa présidence, il se consacre pleinement à ses affaires industrielles et financières aux côtés des siens.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Jean Casimir-Perier ?
L'image d'un président falot, chassé par les événements, a longtemps prévalu dans la mémoire collective, réduisant sa présidence à une simple anecdote de record de brièveté. Cette lecture minore la cohérence de sa décision, motivée par une critique lucide des limites constitutionnelles de la fonction présidentielle sous la IIIe République. Son parcours antérieur, marqué par un engagement militaire et parlementaire sérieux, est ainsi souvent éclipsé par l'épisode de sa démission.
Que reste-t-il de Jean Casimir-Perier aujourd'hui ?
Son nom demeure surtout associé, dans les manuels scolaires, au record du plus court mandat présidentiel de l'histoire française. Sa démission continue d'être citée comme un cas d'école illustrant la faiblesse institutionnelle du président sous la Constitution de 1875. Une avenue parisienne et plusieurs rues de province portent encore le nom de sa famille, mêlant sa mémoire à celle de son grand-père ministre.
Quelles sont les circonstances de la mort de Jean Casimir-Perier ?
Après sa démission de 1895, il se retire durablement de la vie politique pour se consacrer aux affaires familiales. Il meurt à Paris en 1907, à l'âge de 59 ans, dans une relative discrétion sans commune mesure avec l'exposition qu'avait connue sa brève présidence. Ses obsèques rassemblent surtout le monde industriel et politique qu'il avait côtoyé toute sa vie.





