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Qui était Olympe de Gouges ?
Femme de lettres · 1748-1793
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
Fille d'un boucher de Montauban devenue femme de lettres autodidacte à Paris, Marie Gouze se rebaptise Olympe de Gouges et s'impose dans les cercles révolutionnaires par sa plume acérée et son courage politique.
En 1791, elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, réponse directe et provocatrice à la Déclaration des droits de l'homme qui oubliait la moitié de l'humanité. Refusant de se taire sous la Terreur, elle défend Louis XVI et attaque Robespierre, ce qui lui vaut la guillotine en novembre 1793 — preuve, dira-t-on cruellement, que les femmes avaient bien le droit de monter à l'échafaud.
🎲 Anecdote
Olympe de Gouges avait prédit elle-même sa fin dans un texte prémonitoire, écrivant que "la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune." Condamnée à mort, elle refusa jusqu'au bout de nier sa grossesse — argument qui aurait pu lui valoir un sursis — par fierté et cohérence avec ses convictions.
10 Questions qu'on se pose sur Olympe de Gouges
D'où vient Olympe de Gouges ?
Olympe de Gouges naît le 7 mai 1748 à Montauban, sous le nom de Marie Gouze. Elle est la fille d'Anne Olympe Mouisset et — selon une rumeur qu'elle entretient avec complaisance — du poète académicien Jean-Jacques Lefranc de Pompignan. Fille d'un boucher selon l'état civil, elle quitte Montauban après la mort de son jeune mari pour tenter sa chance à Paris, où elle se rebaptise « Olympe de Gouges » et se construit une identité de femme de lettres autodidacte.
Qu'est-ce qui a inspiré Olympe de Gouges ?
La Révolution de 1789 est à la fois sa chance et son destin. Femme autodidacte à la plume acérée, elle comprend d'emblée que la Révolution parle de liberté et d'égalité mais pense exclusivement au masculin. La rédaction de la Déclaration des droits de l'homme en 1789, qui oublie les femmes, la pousse à écrire sa propre réponse : la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), texte fondateur du féminisme politique.
Quel a été le plus grand accomplissement d'Olympe de Gouges ?
Sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) est le premier texte politique à réclamer explicitement l'égalité civique entre les sexes dans l'histoire de France — et l'un des premiers au monde. Elle y proclame des principes révolutionnaires : droit de vote, droit à l'éducation, droit à la propriété, droit d'exercer toute fonction publique. Ce texte, ignoré par ses contemporains, est devenu l'un des actes fondateurs du féminisme mondial, étudié dans les universités du monde entier.
Quels obstacles Olympe de Gouges a-t-elle dû surmonter ?
Autodidacte dans un monde où les femmes n'avaient pas accès aux lycées ni aux académies, elle doit dicter ses textes à des secrétaires car sa graphie est difficile, et compense ses lacunes scolaires par une puissance d'argumentation qui stupéfie ses contemporains. Femme dans une Révolution faite par des hommes, elle est systématiquement écartée des tribunes et des clubs politiques — les Jacobins n'admettent pas les femmes. Son courage à attaquer Robespierre au sommet de la Terreur est un acte de bravoure politique hors du commun.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses contemporains la décrivent comme une femme de tempérament, impulsive, généreuse, capable de se faire des amis dans tous les camps et de s'en faire des ennemis tout aussi vite. Elle avait un sens aigu de la justice sociale — elle a écrit des pièces de théâtre contre l'esclavage avant même la Révolution — et une franchise qui ne ménageait ni les puissants ni les partis. Son courage, pour une femme de son époque, était proprement remarquable : elle prenait des positions publiques que la plupart des hommes n'auraient pas osé défendre.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Olympe de Gouges ?
Sa défense publique de Louis XVI, réclamant un vrai procès plutôt qu'une mise à mort expéditive, est l'acte qui lui vaut la haine des Montagnards. Aller contre l'exécution du roi en pleine Terreur, c'est risquer sa vie — et elle le sait. Elle va plus loin encore en proposant de le défendre personnellement devant le tribunal révolutionnaire. Pour les Jacobins, c'est une trahison impardonnable, et Robespierre la fait arrêter en juillet 1793, quelques mois à peine après l'exécution du roi.
Quelle fut la vie familiale d'Olympe de Gouges ?
Mariée à 17 ans à Louis-Yves Aubry, un officier de bouche qui meurt rapidement, elle a un fils, Pierre Aubry, qu'elle aime mais dont elle se sépare pour monter à Paris. Elle entretient des relations amoureuses libres tout au long de sa vie, refusant de se remarier formellement — elle considère le mariage comme une institution injuste et préfère les unions librement consenties. Son fils, qu'elle retrouve adulte à Paris, est présent lors de son arrestation et tente vainement de la faire libérer.
Quelle est la part du mythe dans la vie d'Olympe de Gouges ?
Le XIXe siècle l'a totalement oubliée : ses écrits disparaissent des bibliothèques, son nom des manuels d'histoire. C'est seulement dans les années 1970, avec le mouvement féministe, que des chercheuses redécouvrent sa Déclaration et la réhabilitent. Ce long oubli n'est pas un hasard : effacer Olympe de Gouges, c'était effacer la preuve que des femmes avaient participé activement à la Révolution et réclamé leur égalité. Sa redécouverte est elle-même un acte politique.
Que reste-t-il d'Olympe de Gouges aujourd'hui ?
Sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte fondateur du droit international des femmes, régulièrement cité par les Nations Unies et les mouvements féministes du monde entier. Son nom orne des lycées, des rues et des places dans toute la France, et sa phrase sur l'échafaud et la Tribune est l'une des plus citées de l'histoire des droits des femmes. En 2021, son entrée au Panthéon a été officiellement proposée — hommage symbolique à la femme que la Révolution avait guillotinée pour avoir osé réclamer l'égalité.
Quelles sont les circonstances de la mort d'Olympe de Gouges ?
Olympe de Gouges est guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris, sur la place de la Révolution, à 45 ans. Elle refusa jusqu'au bout d'invoquer sa grossesse — argument qui aurait pu lui valoir un sursis — par fierté et cohérence avec ses convictions : se dire enceinte pour survivre aurait été se nier elle-même. Son exécution survient trois semaines après celle de Marie-Antoinette, dans un automne 1793 qui voit la Terreur faucher des femmes d'horizons radicalement opposés.





