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Qui était Salomon de Bretagne ?
Roi de Bretagne · 820-874
Dernière mise à jour : 11 septembre 2026
Salomon naît vers 810-820, fils de Riwallon, comte de Poher, et cousin du roi Erispoë, petit-fils de Nominoë.
En 857, il fait assassiner Erispoë sur l'autel même de l'église de Talensac, qu'il jugeait trop conciliant envers les Francs, et se proclame roi des Bretons à sa place. Son règne porte le royaume de Bretagne à son extension territoriale maximale, avec l'annexion du Cotentin et de l'Avranchin obtenus par le traité de Compiègne en 867, et sa royauté est officiellement reconnue par Charles le Chauve en 868. Retiré dans un monastère pour expier le meurtre d'Erispoë, il est capturé par des conjurés menés par son propre gendre et son neveu, aveuglé puis exécuté en 874.
🎲 Anecdote
malgré son arrivée sanglante au pouvoir, l'Église le canonise après sa mort : Salomon est vénéré comme saint et martyr breton, fêté chaque 25 juin, jour anniversaire de son assassinat.
10 Questions qu'on se pose sur Salomon de Bretagne
D'où vient Salomon ?
Salomon naît vers 810-820, fils de Riwallon, comte de Poher et proche parent de Nominoë, ce qui fait de lui le cousin du roi Erispoë, petit-fils du fondateur de l'indépendance bretonne. Il grandit donc au cœur même de la dynastie qui a arraché la Bretagne à la tutelle franque. En 852, le roi Charles le Chauve lui concède le tiers du territoire breton, faisant de lui un puissant seigneur régional bien avant qu'il ne devienne roi.
Qu'est-ce qui a inspiré Salomon ?
Salomon désapprouve profondément la politique de rapprochement de son cousin Erispoë avec le roi franc Charles le Chauve, qu'il juge trop conciliante envers l'ancien ennemi. Cette divergence stratégique, mêlée à une ambition personnelle certaine, le pousse à fomenter un complot contre son propre cousin. En 857, il le fait assassiner sur l'autel même de l'église de Talensac et se proclame roi des Bretons à sa place.
Quel a été le plus grand accomplissement de Salomon ?
Sous son règne, le royaume de Bretagne atteint son extension territoriale maximale : le traité d'Entrammes en 863 lui octroie des terres entre l'Anjou et la Bretagne, et celui de Compiègne en 867 lui offre le Cotentin et l'Avranchin. En 868, Charles le Chauve va jusqu'à reconnaître officiellement son titre royal, une consécration diplomatique inédite pour un souverain breton. Salomon soutient aussi activement l'Église bretonne, fondant des monastères et rétablissant les évêques destitués par son prédécesseur.
Quels obstacles Salomon a-t-il dû surmonter ?
Son accession au trône par le meurtre d'Erispoë entache durablement la légitimité de son pouvoir aux yeux d'une partie de la noblesse bretonne. Il doit sans cesse négocier avec les Francs pour faire reconnaître ses conquêtes, un équilibre diplomatique fragile qu'il parvient pourtant à maintenir près de vingt ans. Cette fragilité politique interne finit par se retourner contre lui à la fin de son règne, sous la forme d'un complot familial.
Quel était son caractère au quotidien ?
Les sources dépeignent un souverain à la fois pieux, en tant que fondateur de monastères et protecteur de l'Église, et impitoyable en politique, comme le prouve l'assassinat prémédité de son propre cousin. Habile négociateur, il sait tirer parti des rivalités internes à l'empire franc pour agrandir son royaume par la diplomatie autant que par les armes. Cette dualité entre ferveur religieuse affichée et ambition politique sans scrupule marque durablement son image.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Salomon ?
L'assassinat d'Erispoë, exécuté sur l'autel de l'église de Talensac en 857, reste le péché originel de son règne, un régicide commis sur les lieux mêmes du sacré. Cette violence fondatrice contraste avec l'image pieuse qu'il tente ensuite de construire en soutenant l'Église bretonne. Elle finit d'ailleurs par le rattraper : c'est retiré dans un monastère pour expier ce crime qu'il est capturé par ses assassins en 874.
Quelle fut la vie familiale de Salomon ?
C'est une trahison venue de son propre cercle familial qui met fin à son règne : les conjurés qui l'assassinent en 874 comptent parmi eux son propre gendre et son neveu. Cette conspiration révèle combien les liens du sang pesaient peu face aux ambitions de succession dans la Bretagne du IXe siècle. Le pouvoir, arraché par un meurtre familial en 857, se referme donc sur lui de la même manière dix-sept ans plus tard.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Salomon ?
Après sa mort violente, l'Église transforme rapidement ce roi au règne sanglant en saint et martyr, fêté chaque 25 juin, jour anniversaire de son assassinat. Cette sanctification a posteriori gomme largement la brutalité de son arrivée au pouvoir pour ne retenir que le souverain pieux et la victime d'un complot injuste. La postérité a ainsi largement réécrit son image en faveur d'une figure christique, loin de la Realpolitik qui a marqué l'essentiel de son règne.
Que reste-t-il de Salomon aujourd'hui ?
Son culte de saint et martyr breton perdure dans certaines paroisses, célébré chaque 25 juin. Il reste dans l'histoire comme le dernier grand roi d'une Bretagne indépendante à son apogée territoriale, avant que le royaume ne décline progressivement face aux invasions normandes et aux divisions internes. Son règne marque, avec le recul, l'âge d'or de la royauté bretonne carolingienne.
Quelles sont les circonstances de la mort de Salomon ?
Retiré dans un monastère pour expier le meurtre d'Erispoë, Salomon est capturé en 874 par des conjurés menés notamment par son propre gendre et son neveu. Aveuglé — une mutilation destinée à le rendre inapte à régner selon les usages du temps — il est exécuté le lendemain, le 25 juin 874. Cette fin brutale, survenue dans un lieu de retraite spirituelle, referme un règne commencé lui-même par un assassinat.





