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Qui était Voltaire ?
Écrivain et philosophe · 1694-1778
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
François-Marie Arouet, dit Voltaire, est le philosophe des Lumières le plus lu, le plus traduit et le plus redouté de son siècle : ses contes philosophiques — Candide, Zadig, Micromégas —, ses pièces de théâtre, ses essais historiques et ses milliers de lettres forment une œuvre d'une ampleur et d'une ironie corrosive qui mine systématiquement les fondements de l'Ancien Régime.
Emprisonné à la Bastille, exilé en Angleterre, chassé de Paris, il finit par s'installer à Ferney près de Genève dans un château depuis lequel il bombarde l'Europe de ses écrits et mène des campagnes retentissantes — affaire Calas, affaire Sirven — pour la réhabilitation de victimes de l'intolérance religieuse. Son retour triomphal à Paris en 1778, à 83 ans, est acclamé par une foule en délire — il meurt trois mois plus tard, épuisé par cet excès de gloire.
🎲 Anecdote
Voltaire buvait entre quarante et cinquante tasses de café par jour — mélangé de chocolat selon certains témoins — malgré les avertissements répétés de ses médecins. Quand son docteur lui prédit que ce poison le tuerait à petit feu, Voltaire répondit tranquillement : "Ce doit être un poison bien lent — cela fait soixante ans que j'en meurs." Il vécut jusqu'à 83 ans.
10 Questions qu'on se pose sur Voltaire
D'où vient Voltaire ?
François-Marie Arouet naît le 21 novembre 1694 à Paris dans une famille de la bourgeoisie aisée — son père est notaire au Châtelet. Élève brillant des jésuites de Louis-le-Grand, il reçoit une formation littéraire et rhétorique d'excellence, forgée par des maîtres qu'il admirera toujours malgré ses positions anticléricales. C'est là qu'il apprend l'art d'argumenter, de convaincre et de faire mouche avec un mot.
Qu'est-ce qui a inspiré Voltaire ?
Son exil en Angleterre de 1726 à 1729 — consécutif à une querelle avec le chevalier de Rohan qui le fit bâtonner sans que la justice lui donne raison — fut une révélation. Il y découvre la tolérance religieuse, la philosophie de Locke et Newton, le parlementarisme. Ces Lettres philosophiques, publiées à son retour, furent brûlées par le bourreau comme « subversives » et posèrent les jalons de toute la philosophie des Lumières.
Quel a été le plus grand accomplissement de Voltaire ?
Sa campagne pour la réhabilitation du protestant Jean Calas — condamné à mort en 1762 pour le meurtre supposé de son fils converti au catholicisme — reste son acte le plus courageux : il mobilisa l'opinion européenne pendant des années jusqu'à la réhabilitation posthume par le Parlement en 1765. Mais Candide (1759) reste son chef-d'œuvre littéraire : ce conte foudroyant détruit l'optimisme naïf avec une ironie qui n'a pas vieilli d'une ligne.
Quels obstacles Voltaire a-t-il dû surmonter ?
Deux séjours à la Bastille, un exil en Angleterre, une semi-clandestinité permanente pour ses publications — ses livres brûlés par le bourreau, ses pièces sifflées par les dévots. Il erra entre Paris dont il était exclu, Bruxelles, Berlin chez Frédéric II de Prusse qui finit par le chasser, avant de trouver refuge à Ferney près de Genève en 1759 où il s'installa dans un château-forteresse depuis lequel il bombarda l'Europe de ses écrits.
Quel était le caractère de Voltaire au quotidien ?
Correspondant acharné — il laisse plus de 20 000 lettres —, il était d'une vivacité intellectuelle qui épuisait ses interlocuteurs et d'un sarcasme redoutable. Mais sa générosité matérielle était réelle : il défendait à ses frais les victimes qu'il soutenait et entretenait généreusement ses proches. Sa coquetterie intellectuelle — il voulait toujours avoir le dernier mot — pouvait se faire cruelle avec ceux qui l'attaquaient.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Voltaire ?
Son séjour à la cour de Frédéric II de Prusse (1750-1753) se termine en catastrophe : une querelle mesquine avec le mathématicien Maupertuis et une fuite humiliante révèlent un Voltaire peu philosophe dans les petites choses. Plus grave : ses écrits contiennent des passages antisémites et des positions favorables à la colonisation que les historiens contemporains ont documentés, révélant les angles sombres d'un génie des Lumières.
Quelle fut la vie familiale de Voltaire ?
Il n'eut jamais de famille au sens traditionnel : pas d'épouse officielle ni d'enfants reconnus. Sa grande liaison fut avec Émilie du Châtelet, mathématicienne et physicienne brillante, avec qui il vécut quinze ans à Cirey dans une collaboration intellectuelle féconde. Après la mort d'Émilie en 1749, il s'installa avec sa nièce Marie-Louise Denis — une relation dont l'ambiguïté affective choqua certains contemporains.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Voltaire ?
La célèbre formule « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » ne se trouve nulle part dans son œuvre — elle fut inventée au XXe siècle par une biographe anglaise. Et le libre-penseur irréductible possédait des actions dans les manufactures, avait des intérêts dans la traite et prêtait à usure : loin du saint laïc que la IIIe République en a fait.
Que reste-t-il de Voltaire aujourd'hui ?
« Écrasez l'infâme ! » — son cri de guerre contre le fanatisme religieux — résonne à chaque débat contemporain sur la laïcité. Candide est un des textes les plus lus au monde dans les classes de lycée. Et ses campagnes judiciaires pour des victimes de l'intolérance ont directement influencé la naissance du droit pénal moderne et l'idée qu'un citoyen pouvait mobiliser l'opinion contre les abus du pouvoir.
Quelles sont les circonstances de la mort de Voltaire ?
Il meurt à Paris le 30 mai 1778, épuisé par son retour triomphal dans la capitale après vingt-huit ans d'absence — une ovation de plusieurs jours qui l'avait littéralement usé. Ayant refusé de se rétracter clairement, il fut inhumé en secret à l'abbaye de Scellières en Champagne. Il faudra attendre 1791 pour que ses cendres soient transférées au Panthéon dans un cortège de 100 000 personnes, consacrant sa place dans le panthéon républicain.





