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Collectionne les Capétiens
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14 CAPÉTIENS À COLLECTIONNER

"D'un simple comte de Paris à une lignée qui a régné sans interruption pendant plus de trois siècles..."

Collectionne les Capétiens de l'Histoire de France

En 987, la mort de Louis V, dernier des Carolingiens, sans héritier direct, ouvre une crise de succession que les grands du royaume tranchent en élisant l'un des leurs : Hugues Capet, comte de Paris. Rien, à l'époque, ne laisse présager que sa dynastie durera. Et pourtant, les Capétiens vont régner sans interruption de père en fils pendant plus de trois siècles, jusqu'en 1328 — un exploit dynastique inédit en Europe, rendu possible par une pratique systématique : le sacre du fils aîné du vivant même de son père, qui verrouille la succession et empêche toute contestation. De ce socle fragile va naître la monarchie française telle qu'elle durera jusqu'à la Révolution.

Hugues Capet (v. 941-996)

Comte de Paris et duc des Francs, Hugues Capet doit sa couronne à l'assemblée des grands seigneurs du royaume, réunie à Senlis en 987 après la mort de Louis V. Face à Charles de Lorraine, oncle du défunt roi et dernier prétendant carolingien légitime, les grands lui préfèrent ce puissant féodal, dont le domaine réel se limite pourtant à l'Île-de-France et à quelques places fortes autour de Paris et d'Orléans — un royaume minuscule comparé à celui de ses propres vassaux, comme le duc de Normandie ou le comte de Toulouse.

Conscient de la fragilité de son titre électif, Hugues Capet impose dès la fin de l'année 987 le sacre de son fils Robert, alors âgé d'à peine seize ans, comme co-roi associé au trône. Ce geste, qui pourrait passer pour un simple réflexe dynastique, devient la règle d'or de ses successeurs pendant deux siècles : chaque roi capétien fait sacrer son héritier de son vivant, transformant une couronne élective en couronne de fait héréditaire, sans jamais l'écrire noir sur blanc.

Robert II le Pieux (972-1031)

Fils d'Hugues Capet, Robert dit « le Pieux » est sacré co-roi dès 987 pour asseoir la fragile hérédité naissante. Formé par le savant Gerbert d'Aurillac, futur pape Sylvestre II, il se distingue par une piété profonde et un goût pour le chant liturgique qu'il pratique lui-même. Son mariage controversé avec sa cousine Berthe de Bourgogne lui vaut une excommunication temporaire, mais il parvient à agrandir le domaine royal en annexant le duché de Bourgogne au terme d'une longue guerre de succession.

Henri Ier (1008-1060)

Fils de Robert II et de Constance d'Arles, Henri Ier est sacré co-roi dès 1027 mais doit affronter, dès son avènement, la révolte de sa propre mère, qui lui préférait son frère cadet. Il cède le duché de Bourgogne à ce frère pour acheter la paix familiale, fondant la maison capétienne de Bourgogne. Son règne est aussi marqué par ses relations changeantes avec le jeune duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, qu'il aide d'abord à mater une révolte avant de lui faire la guerre à deux reprises — et par son remariage avec la lointaine princesse Anne de Kiev.

Philippe Ier (1052-1108)

Fils d'Henri Ier et d'Anne de Kiev, Philippe Ier est sacré roi à seulement sept ans, sous la régence de sa mère puis du comte de Flandre. Son long règne de 48 ans permet un agrandissement inédit du domaine royal, avec l'acquisition du Gâtinais et du Vexin français. Il reste surtout connu pour avoir répudié la reine Berthe de Hollande afin d'épouser Bertrade de Montfort, déjà mariée par ailleurs — un scandale qui lui vaut plusieurs excommunications et l'empêche de participer à la première croisade qu'il avait pourtant contribué à motiver.

Louis VI le Gros (v. 1081-1137)

Fils de Philippe Ier, Louis VI dit « le Gros » consacre l'essentiel de son règne à soumettre les seigneurs pillards d'Île-de-France qui rançonnent voyageurs et pèlerins aux abords de Paris. Guidé par son conseiller, l'abbé Suger de Saint-Denis, il renforce méthodiquement l'autorité royale et pose les fondations administratives de la monarchie capétienne, tout en défendant le royaume face aux ambitions du roi d'Angleterre, également duc de Normandie.

Son surnom lui vient de l'obésité qui, dans les dernières années de son règne, l'empêche presque de monter à cheval — il doit être hissé sur sa monture par ses écuyers lors de ses ultimes campagnes militaires. Avant de mourir, il marie son fils et héritier, le futur Louis VII, à la plus riche héritière du royaume : Aliénor d'Aquitaine, dont le duché doublera presque le territoire directement contrôlé par la couronne.

Louis VII le Jeune (1120-1180)

Second fils de Louis VI, Louis VII n'est pas destiné au trône et reçoit une éducation religieuse avant que la mort de son frère aîné ne fasse de lui l'héritier. Marié dès 1137 à Aliénor d'Aquitaine, il unit un temps le royaume de France au vaste duché d'Aquitaine, avant que leur mariage ne soit annulé en 1152 pour défaut d'héritier mâle — un revirement qui rendra la couronne anglaise, via le remariage d'Aliénor avec Henri Plantagenêt, bien plus puissante que la sienne. Son règne long et pieux, marqué par un échec de croisade, prépare pourtant le terrain à son fils Philippe Auguste, qui saura reconquérir ce que son père avait perdu.

Philippe Auguste (1165-1223)

Fils de Louis VII, né après près de trente ans de règne sans héritier mâle, Philippe Auguste hérite d'un royaume fragilisé par la puissance des Plantagenêt, qui contrôlent alors la moitié de la France actuelle. Rival acharné de Richard Cœur de Lion puis de Jean sans Terre, il reconquiert méthodiquement la Normandie, l'Anjou, le Maine et la Touraine, doublant ainsi la superficie du domaine royal en une seule génération.

Sa victoire écrasante à Bouvines, le 27 juillet 1214, contre une coalition menée par l'empereur germanique et le comte de Flandre, consacre définitivement la puissance capétienne en Europe et déclenche à Paris des réjouissances populaires inédites. Bâtisseur, il fait ceinturer Paris de remparts, paver ses rues et commence la construction du Louvre comme forteresse défensive — jetant les bases matérielles de la capitale du royaume.

Louis VIII le Lion (1187-1226)

Fils de Philippe Auguste, Louis VIII grandit dans l'ombre d'un père qui a considérablement agrandi le royaume. En 1216, profitant de la révolte des barons anglais contre le roi Jean sans Terre, il débarque en Angleterre et se fait proclamer roi, mais doit y renoncer après la défaite navale de Sandwich — un épisode qui lui vaut son surnom de « Lion ». Devenu roi de France en 1223, il consacre l'essentiel de son court règne à la croisade contre les Albigeois, reconquérant plusieurs villes du Languedoc aux cathares, avant de mourir de dysenterie en 1226, après seulement trois années de règne.

Saint-Louis (1214-1270)

Fils de Louis VIII, Louis IX n'a que douze ans à la mort de son père et règne d'abord sous la régence énergique de sa mère, Blanche de Castille, qui mate les révoltes des grands féodaux. Devenu adulte, il incarne l'idéal du roi chrétien juste et pieux, rendant lui-même la justice sous un chêne à Vincennes, réformant la monnaie royale et fondant la Sainte-Chapelle pour abriter la couronne d'épines du Christ, achetée à prix d'or à l'empereur de Constantinople.

Deux croisades marquent son règne : la septième, en Égypte, se solde par sa capture et une rançon colossale ; la huitième lui coûte la vie devant Tunis en 1270, où il meurt de dysenterie. Canonisé en 1297, moins de trente ans après sa mort, il reste le seul roi de France élevé au rang de saint, et son surnom de Saint-Louis a fini par supplanter son nom de règne dans la mémoire collective.

Philippe III le Hardi (1245-1285)

Fils de Saint Louis, Philippe III n'a que 25 ans lorsque son père meurt sous les murs de Tunis, faisant de lui un roi couronné dans des circonstances tragiques et lointaines. Son surnom de « le Hardi » lui vient de sa vaillance au combat plutôt que de son tempérament, réputé timide face aux affaires du royaume, qu'il laisse volontiers gérer par ses conseillers. Il agrandit néanmoins le domaine royal par l'héritage du comté de Toulouse, avant de mourir à son tour de dysenterie en 1285, au retour d'une expédition ratée contre l'Aragon.

Philippe le Bel (1268-1314)

Fils de Philippe III, Philippe IV, dit « le Bel » pour sa prestance physique, mène une politique de centralisation autoritaire de l'État, s'appuyant sur des légistes plutôt que sur la noblesse féodale. Pour financer ses guerres contre l'Angleterre et la Flandre, il n'hésite pas à dévaluer la monnaie, taxer le clergé et expulser les Juifs du royaume en confisquant leurs biens. Son conflit avec le pape Boniface VIII atteint son paroxysme lorsqu'il fait arrêter le pontife à Anagni en 1303, un affront sans précédent qui précipite l'installation de la papauté à Avignon.

Son geste le plus retentissant reste l'arrestation surprise, en 1307, de tous les chevaliers de l'ordre du Temple, dont il convoitait les richesses et l'indépendance. Après sept ans de procès et de tortures, le grand maître Jacques de Molay est brûlé vif en 1314, non sans avoir, selon la légende, maudit le roi et sa descendance. Philippe le Bel meurt la même année, laissant trois fils qui régneront tour à tour sans qu'aucun ne parvienne à assurer sa propre succession.

Louis X le Hutin (1289-1316)

Fils aîné de Philippe le Bel, Louis X, dit « le Hutin » — le querelleur —, devient roi de France en 1314. Son court règne s'ouvre par l'affaire de la tour de Nesle, un scandale d'adultère royal qui voit son épouse Marguerite de Bourgogne emprisonnée avant de mourir en captivité dans des circonstances troubles. Il meurt brutalement en 1316, à seulement 26 ans, laissant le royaume dans une grave crise de succession : son unique fils survivant, Jean Ier le Posthume, né après sa mort, ne règne que cinq jours avant de mourir à son tour — le règne le plus bref de toute l'histoire de France.

Philippe V le Long (1293-1322)

Second fils de Philippe le Bel, Philippe V devient roi en 1316 à la mort de son neveu Jean Ier, âgé de cinq jours. Face à la prétention au trône de Jeanne, fille de Louis X, il fait valoir devant une assemblée de barons et de prélats le principe selon lequel une femme ne peut hériter de la couronne de France — un précédent qui deviendra plus tard la loi salique. Il mène d'ambitieuses réformes administratives, tentant d'unifier les monnaies, les poids et les mesures dans tout le royaume, avant de mourir en 1322 sans héritier mâle survivant.

Charles IV le Bel (1294-1328)

Troisième fils de Philippe le Bel, Charles IV monte sur le trône en 1322 à la mort de son frère Philippe V, devenant le dernier roi de la branche aînée des Capétiens directs. Il poursuit la centralisation administrative entamée par son père, mais ses trois mariages successifs ne lui donnent aucun fils survivant. Sa mort en 1328 ouvre une grave crise de succession : la couronne échoit à son cousin Philippe de Valois plutôt qu'au roi d'Angleterre Édouard III, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère — une décision qui va déclencher la guerre de Cent Ans.

En parcourant cette collection des Capétiens, c'est la lente construction de l'État royal français que l'on redécouvre. De l'élection fragile d'Hugues Capet à la centralisation administrative de Philippe le Bel, chaque souverain a consolidé un peu plus l'édifice, jusqu'à ce que l'absence d'héritier mâle direct ouvre la voie, en 1328, à la branche des Valois.

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