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Qui était Philippe Ier ?

Roi de France · 1052-1108

Dernière mise à jour : 21 août 2026

Fils d'Henri Ier et d'Anne de Kiev, il est sacré roi à seulement 7 ans en 1059, sous la régence de sa mère puis du comte de Flandre Baudouin V.

Son prénom, d'origine grecque, lui vient de sa mère et marque l'ouverture de la cour capétienne vers l'Europe de l'Est. Son règne, long de 48 ans, permet un agrandissement inédit du domaine royal avec l'acquisition du Gâtinais et du Vexin français. Il est surtout resté célèbre pour avoir répudié la reine Berthe de Hollande afin d'épouser Bertrade de Montfort, déjà mariée, ce qui lui vaut plusieurs excommunications.

🎲 Anecdote

excommunié au moment du départ de la première croisade en 1096, qu'il avait pourtant contribué à motiver, il ne put y participer et dut négocier son pardon auprès du pape à plusieurs reprises.

10 Questions qu'on se pose sur Philippe Ier

D'où vient Philippe Ier ?

Il naît en 1052, fils d'Henri Ier et de la princesse Anne de Kiev. Sacré roi dès 1059, à seulement sept ans, il grandit sous la régence de sa mère puis du puissant comte de Flandre Baudouin V. Son prénom, d'origine grecque, lui vient directement de sa mère et marque une ouverture inédite de la cour capétienne vers l'Europe de l'Est.

Qu'est-ce qui a inspiré Philippe Ier ?

Élevé par une mère cultivée, familière du monde byzantin et slave par ses origines, il grandit dans un environnement où le prestige royal ne se mesure pas seulement à la force militaire mais aussi à l'habileté diplomatique. Cette éducation le prépare à un règne où la négociation et le compromis priment souvent sur l'affrontement direct. Il en retire un goût pour la gestion prudente et patiente du domaine royal.

Quel a été le plus grand accomplissement de Philippe Ier ?

Il parvient à agrandir le domaine royal de façon inédite depuis Hugues Capet, en acquérant le Gâtinais en 1068 puis le Vexin français en 1077. Ces gains territoriaux, modestes mais réels, rompent avec près d'un siècle de stagnation capétienne. Ils préparent directement le travail de consolidation que mènera son fils Louis VI le Gros.

Quels obstacles Philippe Ier a-t-il dû surmonter ?

Il doit composer avec des vassaux redoutables, à commencer par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant puis ses fils, devenus rois d'Angleterre et bien plus puissants que la couronne capétienne elle-même. Son scandale conjugal l'isole également face à une papauté engagée dans la réforme grégorienne, très stricte sur les questions de mariage. Ces excommunications répétées affaiblissent durablement son autorité morale sur les autres princes chrétiens.

Quel était son caractère au quotidien ?

Les chroniqueurs contemporains, dont l'Anglais Guillaume de Malmesbury, dépeignent un souverain porté sur les plaisirs de la table, devenu corpulent sur la fin de son règne, et peu enclin à guerroyer personnellement. Il préfère nettement la diplomatie et les arrangements politiques aux campagnes militaires risquées. Cette prudence, souvent jugée sévèrement par ses contemporains, lui permet néanmoins de régner près d'un demi-siècle.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Philippe Ier ?

En 1092, il répudie sa première épouse Berthe de Hollande pour enlever et épouser Bertrade de Montfort, alors mariée au comte d'Anjou Foulque le Réchin. Cette bigamie scandaleuse lui vaut deux excommunications, en 1094 puis en 1104, et l'isole diplomatiquement au moment même où l'Église prêche la première croisade. Il ne peut d'ailleurs pas y participer en raison de son statut d'excommunié, bien qu'il ait contribué à la motiver.

Quelle fut la vie familiale de Philippe Ier ?

De son mariage avec Berthe de Hollande naît son héritier Louis, futur Louis VI le Gros. De son union scandaleuse avec Bertrade de Montfort naissent d'autres enfants, créant une rivalité durable entre les deux lignées pour l'héritage et la succession. Cette division familiale trouble la fin de son règne et complique la transition vers son fils aîné.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Philippe Ier ?

Son image de roi paresseux et débauché doit beaucoup aux chroniqueurs religieux hostiles, choqués par son scandale matrimonial et sa rupture avec la réforme grégorienne. Cette réputation masque en partie des gains territoriaux réels et un règne long qui, malgré ses excès, stabilise durablement la monarchie capétienne. L'historiographie moderne tend à nuancer ce portrait à charge.

Que reste-t-il de Philippe Ier aujourd'hui ?

Son règne marque la fin de la phase la plus faible de la dynastie capétienne et amorce la transition vers le redressement royal qu'accomplira son fils Louis VI le Gros. Les territoires qu'il acquiert restent durablement rattachés à la couronne. Il incarne ainsi une charnière discrète mais réelle entre l'affaiblissement du XIe siècle et le renouveau du siècle suivant.

Quelles sont les circonstances de la mort de Philippe Ier ?

Il meurt le 29 juillet 1108 au château de Melun, après un règne de quarante-huit ans, l'un des plus longs de l'histoire de France. Contrairement à la tradition, il choisit d'être inhumé non à Saint-Denis mais à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, à Fleury, qu'il affectionnait particulièrement. Son fils Louis VI lui succède sans contestation majeure.

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