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Qui était Jean II le Bon ?
Roi de France · 1319-1364
Dernière mise à jour : 10 août 2026
Fils de Philippe VI de Valois, il monte sur le trône en 1350 en pleine guerre de Cent Ans contre l'Angleterre, dans un royaume déjà affaibli par les premières vagues de la peste noire.
Le 19 septembre 1356, à la bataille de Poitiers, il est fait prisonnier par les troupes du Prince Noir, fils du roi d'Angleterre, un désastre qui plonge la France dans le chaos politique et les révoltes populaires. Libéré contre une rançon colossale et la remise d'otages, dont son propre fils, il retourne pourtant volontairement en captivité en Angleterre lorsque cet otage s'évade, par souci d'honneur chevaleresque.
🎲 Anecdote
il meurt à Londres en 1364, toujours prisonnier par choix, laissant à la postérité l'image d'un roi dont la parole donnée comptait plus que la liberté elle-même.
10 Questions qu'on se pose sur Jean II le Bon
D'où vient Jean II le Bon ?
Né en 1319, il est le fils de Philippe VI de Valois, premier roi de la dynastie des Valois, et de Jeanne de Bourgogne. Il grandit à la cour de France dans un climat déjà tendu par les prémices de la guerre de Cent Ans contre l'Angleterre. Son éducation chevaleresque, typique de la haute noblesse médiévale, forge son attachement viscéral aux valeurs d'honneur et de parole donnée.
Qu'est-ce qui a inspiré Jean II le Bon ?
Monté sur le trône en 1350 en pleine guerre de Cent Ans, il hérite d'un royaume déjà affaibli par les défaites militaires et les premières vagues de la peste noire. Son idéal chevaleresque, hérité de son éducation, le pousse à privilégier l'honneur et le respect de la parole donnée plutôt que le pragmatisme politique. Cet attachement aux valeurs de la chevalerie explique nombre de ses décisions, y compris les plus surprenantes.
Quel a été le plus grand accomplissement de Jean II le Bon ?
Malgré un règne marqué par les défaites, il fonde en 1352 l'ordre de l'Étoile, destiné à renforcer la cohésion de la noblesse française autour des valeurs chevaleresques. Sa gestion de la captivité en Angleterre après 1356, où il négocie sa rançon tout en maintenant une cour royale digne, témoigne d'une capacité à préserver le prestige de la monarchie française même dans l'adversité. Son fils et successeur, Charles V, saura tirer les leçons de ses erreurs pour redresser le royaume.
Quels obstacles Jean II le Bon a-t-il dû surmonter ?
Il doit affronter une noblesse divisée et les manœuvres de Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui complote contre lui à plusieurs reprises. La défaite cinglante de Poitiers en 1356, où il est fait prisonnier par le Prince Noir, plonge la France dans une crise politique majeure marquée par la révolte parisienne d'Étienne Marcel et la Grande Jacquerie paysanne de 1358. Sa capture entraîne aussi une crise financière énorme, le royaume devant réunir une rançon colossale pour sa libération.
Quel était son caractère au quotidien ?
Les chroniqueurs le décrivent comme un roi généreux, porté sur le faste et les plaisirs de la cour, mais aussi impulsif et peu doué pour la stratégie militaire ou politique. Son surnom de « le Bon » renverrait à sa grande générosité envers ses proches plutôt qu'à une quelconque compétence de gouvernant. Son sens aigu de l'honneur chevaleresque, admirable sur le plan moral, se révèle souvent inadapté aux réalités de la guerre et de la diplomatie.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Jean II le Bon ?
Sa défaite et sa capture à Poitiers en 1356 restent l'un des plus grands désastres militaires de l'histoire de France médiévale, comparable à Azincourt. Nombre d'historiens lui reprochent des choix tactiques hasardeux face à une armée anglaise pourtant très inférieure en nombre. Cette débâcle expose la France entière au chaos politique et social pendant plusieurs années.
Quelle fut la vie familiale de Jean II le Bon ?
Il épouse d'abord Bonne de Luxembourg, puis Jeanne d'Auvergne après le décès de la première, et a plusieurs enfants dont son successeur Charles V et le duc Philippe le Hardi de Bourgogne, à qui il attribue le duché en récompense de son courage à Poitiers. Son fils Louis d'Anjou, laissé en otage en Angleterre après sa libération, s'évade en 1363, provoquant le retour volontaire du roi en captivité par souci d'honneur. Cette décision illustre à quel point la parole donnée primait, pour lui, sur les liens familiaux eux-mêmes.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Jean II le Bon ?
Son retour volontaire en captivité anglaise après l'évasion de son fils otage est souvent présenté comme un modèle absolu de vertu chevaleresque, quitte à occulter les difficultés bien réelles de gouvernement qu'il laisse derrière lui. Le surnom « le Bon » a longtemps entretenu une image plus flatteuse que son bilan politique réel ne le justifie. Les historiens modernes nuancent aujourd'hui ce portrait en soulignant les lourdes conséquences de ses erreurs stratégiques pour le royaume.
Que reste-t-il de Jean II le Bon aujourd'hui ?
Son règne reste étudié comme un exemple des tensions entre idéal chevaleresque et nécessités du pouvoir royal au Moyen Âge finissant. L'ordre de l'Étoile qu'il a fondé, bien qu'éphémère, préfigure les grands ordres de chevalerie européens ultérieurs. Son geste de retour volontaire en captivité continue d'être cité comme symbole extrême de la parole donnée.
Quelles sont les circonstances de la mort de Jean II le Bon ?
Retourné volontairement en captivité à Londres en 1364 après l'évasion de son fils otage, il y meurt la même année, officiellement de maladie, loin de son royaume. Sa mort en exil, alors qu'il aurait pu rester libre en France, scelle définitivement l'image d'un roi prisonnier par choix plus que par contrainte. Son fils Charles V lui succède et entreprend le redressement du royaume affaibli par vingt ans de crises.





