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Qui était Henri-Désiré Landru ?

Tueur en série · 1869-1922

Dernière mise à jour : 10 août 2026

Petit escroc multirécidiviste avant la Première Guerre mondiale, il se met à publier de fausses annonces matrimoniales pour séduire des femmes seules, souvent veuves ou fortunées, dans le climat de pénurie masculine créé par le conflit.

Entre 1914 et 1919, une dizaine de victimes disparaissent après l'avoir rencontré dans sa villa de Gambais, dans les Yvelines, où il incinère leurs corps dans sa cuisinière. Arrêté en 1919 grâce aux carnets où il notait méticuleusement ses dépenses et rendez-vous, il est jugé lors d'un procès retentissant où il clame son innocence jusqu'au bout, faute de corps retrouvés.

🎲 Anecdote

condamné à mort malgré l'absence de preuves matérielles directes, il est guillotiné en 1922 et reste surnommé le « Barbe-Bleue de Gambais », son surnom inspirant durablement la culture populaire française.

10 Questions qu'on se pose sur Henri-Désiré Landru

D'où vient Henri-Désiré Landru ?

Né en 1869 à Paris dans une famille catholique modeste et pratiquante, il est le fils d'un chauffeur employé dans une aciérie et d'une couturière. Enfant sage et bon élève, il est d'abord enfant de chœur avant d'entamer une carrière d'ingénieur mécanicien qui tourne court. Marié jeune et père de quatre enfants, il bascule progressivement vers la petite escroquerie dans les années 1900.

Qu'est-ce qui a inspiré Henri-Désiré Landru ?

Ses multiples condamnations pour escroquerie avant 1914 l'installent durablement dans la délinquance financière, un art du mensonge qu'il perfectionne au fil des affaires. La Première Guerre mondiale, qui prive la France de centaines de milliers d'hommes, crée un vivier de femmes seules et vulnérables auxquelles il s'adresse par petites annonces matrimoniales. Le besoin constant d'argent pour financer son train de vie et ses maîtresses le pousse à franchir le pas du crime de sang.

Quel a été le plus grand accomplissement de Henri-Désiré Landru ?

Si le mot « accomplissement » sonne étrangement pour un tueur en série, sa postérité criminelle tient à l'efficacité glaçante de son système : séduire, dépouiller puis faire disparaître ses victimes sans laisser de corps. Sa méticulosité, consignée dans des carnets détaillant chaque dépense et rendez-vous, en fait un cas criminologique étudié pour la froideur de son organisation. Son procès de 1921, suivi par toute la presse française, devient l'un des procès criminels les plus médiatisés du XXe siècle.

Quels obstacles Henri-Désiré Landru a-t-il dû surmonter ?

L'absence de corps retrouvés malgré les fouilles de sa propriété de Gambais complique longtemps l'accusation, ce qu'il exploite pour clamer son innocence jusqu'au bout. Il doit affronter un dossier reposant presque entièrement sur des preuves indirectes : ses carnets, les témoignages de voisins et l'odeur suspecte signalée lors de l'incinération des corps. Sa défense, assurée par l'avocat Vincent de Moro-Giafferi, mène une bataille acharnée mais ne parvient pas à éviter la condamnation.

Quel était son caractère au quotidien ?

Décrit comme un séducteur charmeur et beau parleur malgré sa calvitie et sa barbe rousse peu avantageuses, il cultive un galant raffiné pour rassurer ses victimes. Son sang-froid impressionne pendant son procès, où il répond aux juges avec ironie et un humour noir qui déconcerte l'assistance. Sa rigueur maniaque dans la tenue de ses comptes, y compris les dépenses les plus dérisoires liées à ses crimes, traduit une personnalité obsessionnellement organisée.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Henri-Désiré Landru ?

L'absence totale de corps ou de restes identifiables de ses victimes alimente depuis un siècle le débat sur la solidité de sa condamnation, fondée uniquement sur un faisceau d'indices. Certains commentateurs ont mis en doute la culpabilité de Landru sur l'ensemble des disparitions qui lui sont imputées, sans jamais toutefois renverser le verdict. Le retentissement médiatique du procès a aussi été critiqué comme un exemple précoce de sensationnalisme judiciaire.

Quelle fut la vie familiale de Henri-Désiré Landru ?

Marié en 1893 à Marie-Catherine Rémy, avec qui il a quatre enfants, il mène en parallèle une vie de séducteur multipliant les liaisons sous de fausses identités. Sa femme et ses enfants, restés à l'écart de ses activités criminelles, sont profondément marqués par le scandale et la condamnation qui éclaboussent leur nom. Il continue, jusqu'à son arrestation, de mener cette double vie sans que sa famille légitime ne soupçonne l'ampleur de ses crimes.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Henri-Désiré Landru ?

Son surnom de « Barbe-Bleue de Gambais » a largement nourri une légende noire, amplifiée par la presse populaire et le cinéma, notamment le film de Claude Chabrol en 1963. L'image d'un séducteur diabolique et calculateur a parfois occulté la réalité plus sordide et besogneuse d'un escroc financier acculé par ses dettes. Le doute entretenu sur certaines de ses victimes a également donné naissance à des théories reprises dans la culture populaire, sans fondement judiciaire solide.

Que reste-t-il de Henri-Désiré Landru aujourd'hui ?

Son nom est devenu une référence culturelle pour désigner les tueurs en série méthodiques et froids, cité dans de nombreuses œuvres de fiction, films et essais criminologiques. L'affaire reste un cas d'école étudié en droit pénal pour la question de la condamnation sans corps, encore débattue dans certains procès contemporains. Le fait divers Landru continue d'alimenter livres et documentaires plus d'un siècle après son exécution.

Quelles sont les circonstances de la mort de Henri-Désiré Landru ?

Après un procès de trois semaines à Versailles à l'automne 1921, il est condamné à mort et guillotiné le 25 février 1922, protestant de son innocence jusqu'au dernier instant. Il refuse la traditionnelle cigarette et le verre de rhum offerts avant l'exécution, gardant son sang-froid légendaire face à l'échafaud. Aucun aveu ni indication sur le sort des corps de ses victimes n'est jamais obtenu, laissant l'affaire partiellement dans l'ombre.

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