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Qui était Albert Lebrun ?

Président de la République · 1871-1950

Dernière mise à jour : 16 août 2026

Polytechnicien, ingénieur des Mines et plusieurs fois ministre, Lebrun est élu président en 1932 après l'assassinat de Paul Doumer.

Il affronte le Front populaire, l'instabilité ministérielle puis l'entrée en guerre. En juin 1940, il nomme Philippe Pétain président du Conseil sans jamais démissionner formellement — dernier président de la IIIe République.

🎲 Anecdote

arrêté par la Gestapo en 1943, il est déporté au château d'Itter en Autriche avant de rencontrer le général de Gaulle après la Libération.

10 Questions qu'on se pose sur Albert Lebrun

D'où vient Albert Lebrun ?

Il naît en 1871 à Mercy-le-Haut, en Meurthe-et-Moselle, dans une famille modeste de la Lorraine tout juste amputée par l'annexion allemande de 1871. Brillant élève, il intègre l'École polytechnique puis l'École des mines, une ascension par le mérite scolaire typique de la IIIe République naissante.

Qu'est-ce qui a inspiré Albert Lebrun ?

Ingénieur des Mines de formation, il se tourne vers la politique locale lorraine avant de gravir un à un les échelons ministériels sous la IIIe République. Sa légitimité de technicien rigoureux, plus que d'orateur flamboyant, en fait un candidat de compromis apprécié pour succéder à Paul Doumer après son assassinat en 1932.

Quel a été le plus grand accomplissement d'Albert Lebrun ?

Élu président en 1932 puis réélu en 1939, il incarne la continuité républicaine à travers l'instabilité ministérielle chronique du Front populaire et des années qui précèdent la guerre. Sa capacité à maintenir les institutions en fonctionnement malgré des crises politiques à répétition reste son apport le plus durable.

Quels obstacles Albert Lebrun a-t-il dû surmonter ?

Il doit gérer une Chambre des députés ingouvernable, avec des gouvernements qui se succèdent parfois en quelques semaines, puis l'effondrement militaire de juin 1940 qui le prend de court. Contraint de choisir un nouveau président du Conseil en pleine débâcle, il se retrouve sans réel pouvoir face à la marche vers l'armistice puis vers le régime de Vichy.

Quel était son caractère au quotidien ?

Ses contemporains décrivent un homme prudent, consensuel et peu porté aux éclats, plus gestionnaire que chef charismatique. Cette réserve naturelle, appréciée en temps calme, se retourne contre lui en juin 1940 où son absence de fermeté est vivement critiquée.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Albert Lebrun ?

Le reproche le plus lourd qui pèse sur lui est de n'avoir jamais démissionné formellement en juin 1940, alors qu'il nomme Philippe Pétain à la tête du gouvernement et laisse le Parlement voter les pleins pouvoirs qui enterrent la République. Beaucoup lui reprochent une passivité coupable au moment décisif, quand d'autres soulignent l'absence de marge de manœuvre réelle dans le chaos de la défaite.

Quelle fut la vie familiale d'Albert Lebrun ?

Marié à Marguerite Nicolas, il mène une vie de couple discrète, en retrait des feux de la vie mondaine parisienne malgré sa position présidentielle. Sa déportation en 1943 au château d'Itter, en Autriche, aux côtés d'autres personnalités françaises captives, marque une rupture brutale dans cette existence rangée.

Quelle est la part du mythe dans la vie d'Albert Lebrun ?

Son image de dernier président de la IIIe République l'a longtemps réduit, dans la mémoire collective, au seul rôle d'homme falot ayant laissé la République s'effondrer sans résister. Sa déportation et sa rencontre avec le général de Gaulle à la Libération sont en revanche moins connues, alors qu'elles nuancent le portrait d'un homme purement passif.

Que reste-t-il d'Albert Lebrun aujourd'hui ?

Il demeure surtout dans les mémoires comme le président sous lequel s'est achevée la IIIe République, un symbole de la fragilité des institutions face à la crise. Plusieurs rues et établissements scolaires en Lorraine et ailleurs en France portent encore son nom.

Quelles sont les circonstances de la mort d'Albert Lebrun ?

Arrêté par la Gestapo en 1943 puis déporté au château d'Itter, il survit à sa captivité et retrouve la liberté à la Libération, où il rencontre le général de Gaulle. Il meurt en 1950 à Paris, retiré de la vie publique depuis la fin de la guerre, sans avoir jamais retrouvé de rôle politique actif.

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