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Qui était André Malraux ?

Écrivain et ministre · 1901-1976

Dernière mise à jour : 19 août 2026

Aventurier autant qu'écrivain, il se fait d'abord connaître par une expédition archéologique controversée en Indochine dans les années 1920, avant de s'engager comme aviateur du côté républicain pendant la guerre d'Espagne.

Son roman La Condition humaine, consacré à l'insurrection communiste de Shanghai en 1927, lui vaut le prix Goncourt en 1933 et une reconnaissance littéraire internationale. Résistant sous le nom de colonel Berger pendant l'Occupation, il devient ensuite l'un des plus fidèles compagnons du général de Gaulle, qui le nomme en 1959 premier ministre des Affaires culturelles de l'histoire française.

🎲 Anecdote

son discours prononcé en 1964 lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, d'une intensité lyrique rare, reste l'un des grands moments d'éloquence politique française du XXe siècle.

Source : Les grands dossiers de l'Histoire (Franck Ferrand)

10 Questions qu'on se pose sur André Malraux

D'où vient André Malraux ?

Né le 3 novembre 1901 à Paris, dans une famille de la petite bourgeoisie commerçante. Son père, courtier en bourse instable, quitte le foyer tôt et le laisse grandir surtout auprès de sa mère et de sa grand-mère, tenancières d'une épicerie à Bondy. Élève dissipé et grand lecteur autodidacte, il abandonne le lycée sans le baccalauréat pour fréquenter les librairies et les milieux littéraires parisiens.

Qu'est-ce qui a inspiré André Malraux ?

Son expédition archéologique en Indochine en 1923, où il tente de rapporter des bas-reliefs khmers du temple de Banteay Srei, tourne au scandale judiciaire et le confronte à la réalité coloniale et à l'injustice. Cette expérience, qui le mène jusqu'au tribunal de Phnom Penh, transforme l'esthète en homme d'action engagé contre l'oppression. Il en tire la matière de ses premiers grands romans et la conviction que l'écriture doit se nourrir de l'expérience vécue.

Quel a été le plus grand accomplissement d'André Malraux ?

Son roman La Condition humaine, publié en 1933 et consacré à l'insurrection communiste de Shanghai de 1927, lui vaut le prix Goncourt et une renommée internationale immédiate. Nommé en 1959 premier ministre des Affaires culturelles par le général de Gaulle, il invente une politique culturelle d'État inédite, créant les maisons de la culture et lançant le vaste chantier de ravalement des monuments parisiens. Il fait ainsi de la culture un enjeu politique national à part entière.

Quels obstacles André Malraux a-t-il dû surmonter ?

Son procès pour vol d'œuvres d'art au Cambodge en 1924 manque de briser sa carrière naissante et le contraint à une lutte judiciaire éprouvante pour éviter la prison. Engagé comme aviateur dans l'escadrille España pendant la guerre d'Espagne, il affronte le danger et la mort de nombreux camarades avant de rejoindre la Résistance sous le nom de colonel Berger, où il est blessé et capturé par les Allemands. La perte de ses deux fils dans un accident de voiture en 1961 le plonge par ailleurs dans un deuil dont il ne se relève jamais complètement.

Quel était son caractère au quotidien ?

Ses proches décrivent un homme au débit de parole fulgurant, capable de tenir des heures durant des monologues brillants entrecoupés de tics nerveux au visage. Passionné et théâtral, il cultive une image de héros romanesque qui brouille parfois la frontière entre l'homme et le personnage qu'il se construit. De Gaulle lui-même appréciait son lyrisme visionnaire tout en s'amusant de son goût prononcé pour l'emphase.

Quelle a été la plus grande controverse concernant André Malraux ?

Son expédition cambodgienne de 1923, présentée par ses détracteurs comme un simple pillage archéologique déguisé en mission scientifique, entache durablement sa réputation avant même ses débuts littéraires. Nombre de ses biographes ont aussi pointé les zones d'ombre et les embellissements de son propre parcours de résistant, qu'il a lui-même largement contribué à romancer. Sa proximité tardive avec le pouvoir gaullien lui vaut enfin d'être accusé par certains intellectuels d'avoir sacrifié son indépendance d'écrivain à l'exercice du pouvoir.

Quelle fut la vie familiale d'André Malraux ?

Il se marie une première fois avec Clara Goldschmidt, avec qui il a une fille, Florence, avant un divorce houleux. Il épouse ensuite Madeleine Lioux, veuve de son demi-frère Roland mort en déportation, et élève avec elle Pierre-Gauthier et Vincent, ses deux fils, tous deux tués dans un accident de voiture en 1961. Cette tragédie familiale, survenue en pleine gloire politique, laisse une empreinte durable sur ses dernières années.

Quelle est la part du mythe dans la vie d'André Malraux ?

Il a lui-même savamment entretenu la légende de l'aventurier archéologue et du résistant héroïque, gommant certains épisodes moins glorieux comme son rôle militaire réel, plus modeste que ne le suggère sa légende de colonel Berger. Son surnom de «gangster de l'art» pour l'affaire cambodgienne relève davantage du folklore journalistique que d'une réalité criminelle organisée. La théâtralité de ses discours et de ses interviews a par ailleurs contribué à figer son image en oracle visionnaire plus qu'en homme aux doutes et aux contradictions, pourtant bien réels.

Que reste-t-il d'André Malraux aujourd'hui ?

Son ministère fondateur des Affaires culturelles continue de structurer la politique culturelle française, des maisons de la culture aux grands travaux de rénovation du patrimoine. Son discours pour l'entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin en 1964 demeure une référence de l'art oratoire politique français, régulièrement cité et étudié. Ses romans, notamment La Condition humaine, restent des classiques étudiés dans les lycées et continuent d'incarner la figure de l'écrivain engagé du XXe siècle.

Quelles sont les circonstances de la mort d'André Malraux ?

Il meurt le 23 novembre 1976 à Créteil, d'une embolie pulmonaire, après plusieurs années marquées par la maladie et des troubles nerveux. Il est alors une figure consacrée des lettres et de la vie politique françaises, ayant accompagné le général de Gaulle jusqu'à la fin de son propre engagement public. En 1996, ses cendres sont transférées au Panthéon par décision du président Jacques Chirac, faisant de lui l'un des rares écrivains français à y reposer.

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