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Qui était Colette ?
Écrivaine · 1873-1954
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
Sidonie-Gabrielle Colette commence sa carrière comme instrument littéraire de son premier mari Willy, qui publie sous son seul nom les premiers romans de Claudine — avant que Colette ne reprenne sa liberté et ne signe une œuvre immense explorant avec une sensualité unique le désir, la nature, les animaux et la condition féminine.
Mime, actrice de music-hall, journaliste, critique littéraire, elle mène une vie aussi scandaleuse que son écriture est précise, multipliant les amants et les amantes avec une égale liberté. Première femme élue à l'Académie Goncourt dont elle devient présidente, elle reçoit des funérailles nationales en 1954 — que l'Église refuse, lui reprochant sa vie dissolue.
🎲 Anecdote
Colette avait une passion dévorante pour les chats, qu'elle considérait comme ses véritables interlocuteurs. Elle avouait leur parler en "chat" — une langue inventée de sons et de mimiques — et affirmait comprendre leurs réponses. Ses contemporains témoignent qu'entrer dans son appartement, c'était pénétrer dans un royaume félin où la maîtresse de maison semblait parfois n'être qu'une invitée tolérée.
10 Questions qu'on se pose sur Colette
D’où vient Colette ?
Sidonie-Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, un village de Bourgogne. Elle grandit dans une famille de la petite bourgeoisie provinciale, fille d’un capitaine d’infanterie et d’une mère fantasque et cultivée qu’elle appellera toujours « Sido » et qui inspirera certains de ses plus beaux portraits littéraires. Cette enfance bourguignonne, baignée d’odeurs de jardin et de présence animale, nourrit toute son œuvre.
Qu’est-ce qui a inspiré Colette ?
La nature, les corps et la liberté sont les trois moteurs permanents de son écriture. Mais c’est d’abord la captivité qui l’a révélée : son premier mari Henry Gauthier-Villars, dit « Willy », l’enferme dans une chambre pour lui faire écrire les Claudine qu’il publie sous son seul nom. En se reprenant ses livres et sa liberté, Colette trouve sa voix — celle d’une femme qui ne s’appartient qu’à elle-même.
Quel a été le plus grand accomplissement de Colette ?
Une œuvre romanesque foisonnante comptant plus de cinquante volumes, qui a transformé la manière d’écrire le désir, l’enfance et les animaux en littérature française. « Gigi », « Le Blé en herbe », « La Chatte », « Sido » — chaque livre porte une sensualité unique et une précision du détail qui la placent parmi les plus grands stylistes du XXe siècle. Elle est la première femme à présider l’Académie Goncourt et reçoit des funérailles nationales, distinction rarissime pour une écrivaine.
Quels obstacles Colette a-t-elle dû surmonter ?
Son premier mariage avec Willy est une captivité dorée dont elle met des années à s’extraire : il s’approprie ses manuscrits et gère entièrement sa vie sociale et financière. Divorcée en 1906, elle doit subvenir seule à ses besoins en se produisant comme mime et actrice de music-hall — activité jugée scandaleuse pour une femme de lettres — tout en continuant d’écrire. Son deuxième mariage avec le baron de Jouvenel lui apporte la stabilité matérielle, mais aussi la douleur de l’infidélité.
Quel était son caractère au quotidien ?
Colette était une femme d’appétits — pour la nourriture, le vin, les parfums, les textures, les chats — et cette voracité sensuelle se retrouve dans chacune de ses pages. Ceux qui la fréquentaient la trouvaient à la fois chaleureuse et intimidante, généreuse de sa personne mais redoutable dans ses jugements littéraires. En vieillissant, clouée dans son appartement du Palais-Royal par l’arthrite, elle continuait d’écrire avec une obstination qui forçait l’admiration de tous.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Colette ?
Sa liaison avec Bertrand de Jouvenel, le fils de son second mari — son beau-fils de 16 ans alors qu’elle en avait 47 — déchaîne un scandale mondain considérable. Elle en tire le roman « Le Blé en herbe », qui traite avec une troublante lucidité de l’initiation amoureuse d’un adolescent par une femme plus âgée. La question de savoir si cette relation constitue un abus de pouvoir est régulièrement réévaluée par la critique contemporaine.
Quelle fut la vie familiale de Colette ?
Trois mariages jalonnent sa vie : Willy (1893), le baron Henry de Jouvenel (1912) dont elle a sa fille unique surnommée « Bel-Gazou », et enfin Maurice Goudeket (1935), son grand amour tardif de seize ans son cadet, qui restera à ses côtés jusqu’à sa mort. Sa relation à sa fille est distante et souvent douloureuse — Colette reconnaissait elle-même ne pas avoir été une bonne mère, trop absorbée par son œuvre et ses amours.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Colette ?
L’image de la « lionne » hédoniste et affranchée a été soigneusement construite par Colette elle-même, qui était une maîtresse du self-branding avant l’heure. Sa vie de music-hall était moins glamour qu’elle ne l’a décrite : les engagements étaient souvent précaires et les salles médiocres. Et si elle affichait une liberté absolue dans sa sexualité, elle a aussi vécu des dépendances amoureuses et des jalousies très conventionnelles.
Que reste-t-il de Colette aujourd’hui ?
Ses romans sont lus dans le monde entier et constamment réédités dans la Pléiade et en poche. Sa maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye est devenue un musée, et son appartement du Palais-Royal un lieu de pèlerinage littéraire. La question de la paternité des Claudine — longtemps attribuée à Willy — a été définitivement réglée en sa faveur, restaurant pleinement sa place dans l’histoire littéraire.
Quelles sont les circonstances de la mort de Colette ?
Colette meurt le 3 août 1954 dans son appartement du Palais-Royal à Paris, à 81 ans, des suites de l’arthrite qui l’avait immobilisée depuis des années. L’État lui accorde des obsèques nationales — que l’Église refuse de bénir, invoquant ses deux divorces et sa vie jugée contraire à la morale catholique. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise.





