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Qui était Douanier Rousseau ?
Peintre · 1844-1910
Dernière mise à jour : 26 août 2026
Né en 1844 à Laval, dans une famille modeste de ferblantier, il passe l'essentiel de sa vie active comme employé de l'octroi parisien, chargé de taxer les marchandises aux portes de la capitale — d'où son surnom de « Douanier ».
Autodidacte complet, il ne se consacre pleinement à la peinture qu'à partir de 1893, après avoir pris une retraite anticipée. Sans jamais quitter la France, il peint pourtant des jungles luxuriantes et des scènes exotiques inspirées du Jardin des plantes et des livres illustrés, dans un style naïf longtemps raillé par la critique. Redécouvert et défendu par Picasso, Apollinaire et les avant-gardes du début du siècle, il devient rétrospectivement l'un des pères de l'art moderne.
🎲 Anecdote
En 1908, Picasso organise en son honneur le fameux « Banquet Rousseau » au Bateau-Lavoir, mi-hommage sincère mi-canular pour la bohème artistique — Rousseau, ravi, y joue du violon jusqu'au bout de la soirée sans percevoir toute l'ironie de la fête.
10 Questions qu'on se pose sur Douanier Rousseau
D'où vient Douanier Rousseau ?
Henri Rousseau naît en 1844 à Laval, en Mayenne, dans une famille modeste : son père est ferblantier, sans lien avec le monde de l'art. Il quitte l'école assez tôt et occupe plusieurs petits emplois avant de rejoindre l'administration de l'octroi parisien, chargée de taxer les marchandises entrant dans la capitale. Rien dans cette enfance provinciale et populaire ne laisse présager qu'il deviendra l'un des peintres les plus originaux de son temps.
Qu'est-ce qui a inspiré Douanier Rousseau ?
Fonctionnaire de l'octroi pendant plus de vingt ans, il commence à peindre en amateur le dimanche, sans formation académique. Ses visites au Jardin des plantes et au Muséum d'histoire naturelle de Paris, où il observe animaux naturalisés et plantes exotiques, nourrissent son imaginaire de jungles qu'il n'a jamais vues en vrai. Cette fascination pour l'exotisme, mêlée à la lecture de récits de voyage illustrés, façonne tout son univers pictural.
Quel a été le plus grand accomplissement de Douanier Rousseau ?
Ses grandes toiles de jungle, comme La Bohémienne endormie ou Le Rêve, imposent un style unique mêlant naïveté apparente et composition d'une étrange rigueur. Il parvient à faire reconnaître sa peinture, longtemps moquée, par les plus grands noms de l'avant-garde parisienne, de Picasso à Apollinaire. Sa capacité à inventer un monde entier depuis un bureau de douane parisien reste l'un des exemples les plus frappants d'art autodidacte du XXe siècle.
Quels obstacles Douanier Rousseau a-t-il dû surmonter ?
Sans formation artistique reconnue, il essuie pendant des décennies les moqueries de la critique et du public au Salon des Indépendants, où ses toiles sont régulièrement tournées en ridicule. Sa situation financière reste précaire toute sa vie, l'obligeant à donner des cours de violon ou de dessin pour compléter ses maigres revenus. Il doit aussi affronter des démêlés judiciaires, notamment une accusation de complicité dans une affaire de faux en écriture bancaire, dont il sort finalement acquitté.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses contemporains le décrivent comme un homme naïf, généreux et sincèrement enthousiaste, presque candide face aux railleries qu'on lui adresse. Il croit fermement en son propre talent, allant jusqu'à se comparer sans complexe aux plus grands maîtres classiques. Cette confiance désarmante, mêlée à une réelle gentillesse, séduit les artistes de la bohème parisienne malgré les moqueries ambiantes.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Douanier Rousseau ?
En 1907, il est mêlé malgré lui à une affaire de chèques bancaires falsifiés, un ami peu scrupuleux ayant utilisé son nom ; il est brièvement inquiété par la justice avant d'être totalement innocenté. Le « Banquet Rousseau » organisé par Picasso en 1908 reste lui aussi ambigu : hommage sincère pour certains, canular collectif se moquant de sa naïveté pour d'autres. Cette ambivalence entre admiration réelle et condescendance amusée poursuit sa réputation jusqu'à aujourd'hui.
Quelle fut la vie familiale de Douanier Rousseau ?
Il se marie deux fois et connaît un destin familial marqué par le deuil : la plupart de ses enfants issus de son premier mariage meurent en bas âge, et ses deux épouses décèdent avant lui. Ces pertes successives l'affectent profondément mais ne l'empêchent jamais de continuer à peindre avec constance. Sa fille survivante reste l'un des seuls liens familiaux stables de sa vie adulte.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Douanier Rousseau ?
Rousseau lui-même entretient la légende d'un passage au Mexique lors d'une expédition militaire, source supposée de ses visions de jungle — un épisode que les historiens considèrent aujourd'hui comme largement inventé. En réalité, il ne quitte jamais le territoire français et puise ses paysages exotiques dans les serres et les livres illustrés parisiens. Ce décalage entre le mythe qu'il a lui-même façonné et la réalité plus modeste de sa vie fait partie intégrante de sa légende posthume.
Que reste-t-il de Douanier Rousseau aujourd'hui ?
Ses toiles de jungle figurent aujourd'hui parmi les œuvres les plus reproduites de l'histoire de l'art, exposées dans les plus grands musées du monde, du MoMA de New York au musée d'Orsay. Il est considéré comme l'un des précurseurs de l'art naïf et une source d'inspiration revendiquée par les surréalistes. Son parcours d'autodidacte reste un symbole de la reconnaissance tardive mais éclatante que peut offrir l'histoire de l'art.
Quelles sont les circonstances de la mort de Douanier Rousseau ?
Il meurt en 1910 à l'hôpital Necker à Paris, des suites d'une gangrène consécutive à une blessure à la jambe mal soignée. Il s'éteint dans une relative pauvreté, entouré de peu de proches, quelques mois seulement après avoir achevé Le Rêve, l'une de ses toiles les plus célèbres. Ironie du sort, sa reconnaissance posthume dépassera de très loin la modestie de ses derniers jours.





