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Qui était Jean-Paul Marat ?
Journaliste · 1743-1793
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
Médecin suisse frustré de n'avoir jamais obtenu la reconnaissance académique qu'il estimait mériter, Jean-Paul Marat se révèle à la Révolution comme le plus virulent des journalistes populaires, dont L'Ami du peuple — qu'il rédige seul, imprime parfois lui-même et distribue dans la clandestinité — réclame avec une constance maniaque la mort des "ennemis du peuple" par centaines, puis par milliers.
Élu à la Convention, il est acquitté par le Tribunal révolutionnaire en avril 1793 dans un triomphe populaire, mais souffre d'une maladie de peau qui le contraint à passer des heures chaque jour dans un bain médicamenteux où il continue à travailler. C'est dans cette baignoire qu'il est poignardé le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday, transformé aussitôt par les Montagnards en martyr de la Révolution.
🎲 Anecdote
David immortalisa Marat mort dans sa baignoire dans l'un des tableaux les plus célèbres de l'histoire de l'art, construisant délibérément une image christique — le bras pendant, la plaie visible, le visage serein — pour en faire une icône révolutionnaire. La réalité était moins noble : Marat souffrait d'une dermatose sévère qui lui déformait la peau et lui imposait ces bains prolongés dans un mélange de soufre et de vinaigre dont l'odeur incommodait ses visiteurs.
10 Questions qu'on se pose sur Jean-Paul Marat
D'où vient Jean-Paul Marat ?
Né en 1743 en Suisse, dans une famille modeste, Marat se forme à la médecine et exerce quelque temps en Angleterre avant de s'installer à Paris. Rongé par une frustration tenace de ne jamais obtenir la reconnaissance académique qu'il estime mériter, il nourrit un ressentiment profond envers les élites savantes et politiques de son temps.
Qu'est-ce qui a inspiré Marat ?
C'est l'explosion révolutionnaire de 1789 qui lui offre enfin la tribune que la science lui a refusée. Il fonde L'Ami du peuple, qu'il rédige et imprime souvent lui-même, pour dénoncer avec une violence verbale inédite les « ennemis du peuple » et réclamer des mesures radicales.
Quel a été le plus grand accomplissement de Marat ?
Son journal L'Ami du peuple devient l'une des voix les plus lues et les plus redoutées de la presse révolutionnaire, capable de mobiliser les sections parisiennes. Élu à la Convention, il est acquitté en avril 1793 par le Tribunal révolutionnaire dans un véritable triomphe populaire, preuve de son emprise sur l'opinion.
Quels obstacles Marat a-t-il dû surmonter ?
Il vit traqué, contraint à la clandestinité et parfois à la fuite pour échapper à ses ennemis politiques. Il souffre aussi d'une maladie de peau invalidante qui le force à passer des heures chaque jour dans un bain médicamenteux, où il continue malgré tout à écrire et à travailler.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses contemporains décrivent un homme habité par une intensité fébrile, obsessionnel dans son travail et intransigeant dans ses convictions. Il ne transige jamais avec ce qu'il perçoit comme la trahison de la Révolution, ce qui lui vaut autant d'adorateurs que d'ennemis mortels.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Marat ?
Ses appels répétés à des exécutions massives, chiffrées parfois en dizaines de milliers de têtes, choquent jusque dans les rangs révolutionnaires. Cette rhétorique de la terreur permanente en fait l'un des visages les plus sombres de la presse de l'époque, bien au-delà de ses adversaires girondins.
Quelle fut la vie familiale de Marat ?
Il partage sa vie avec Simone Évrard, qu'il considère comme son épouse bien qu'aucun mariage religieux ou civil ne les unisse officiellement. Elle veille sur lui pendant sa maladie et reste à ses côtés jusqu'à son assassinat, sans qu'ils aient eu d'enfants ensemble.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Marat ?
Le tableau de David, La Mort de Marat, construit une image quasi christique du défunt, bras pendant et visage serein, qui a durablement façonné sa légende de martyr. Cette mise en scène occulte largement la réalité plus dérangeante d'un homme malade, obsédé par la dénonciation et la violence verbale.
Que reste-t-il de Marat aujourd'hui ?
Son nom reste indissociable de la radicalité de la presse révolutionnaire et de la figure du tribun sacrifié pour sa cause. Le tableau de David a fait de sa mort une des images les plus reproduites de l'histoire de l'art occidental.
Quelles sont les circonstances de la mort de Marat ?
Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday, une jeune Normande hostile aux Montagnards, obtient une audience en prétextant lui livrer des informations et le poignarde alors qu'il est installé dans sa baignoire médicinale. Sa mort brutale en fait aussitôt un martyr de la Révolution, célébré par des funérailles nationales.





