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Révolution & Empire

Qui était Charlotte Corday ?

Figure révolutionnaire · 1768-1793

Dernière mise à jour : 18 juin 2026

Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont, jeune Normande de 24 ans nourrie des idéaux républicains antiques et proche des Girondins, décide seule — sans complot, sans complices — d'assassiner Jean-Paul Marat, qu'elle tient pour le principal responsable des massacres de Septembre et de la Terreur qui dévore la Révolution.

Elle obtient une audience en prétextant dénoncer des Girondins cachés en Normandie, pénètre dans l'appartement de Marat, et le poignarde dans son bain le 13 juillet 1793 avec un couteau acheté le matin même au Palais-Royal. Arrêtée sur place, elle assume son geste avec une sérénité qui stupéfie ses juges — "j'ai tué un homme pour en sauver cent mille", dit-elle — et monte à l'échafaud quatre jours plus tard, à peine le temps d'un procès expéditif.

🎲 Anecdote

Charlotte Corday avait calculé son geste pour mourir : elle ne chercha pas à fuir et resta sur place après le meurtre, attendant tranquillement d'être arrêtée. Dans sa chambre d'hôtel, on trouva une lettre qu'elle avait rédigée avant l'acte pour expliquer ses motivations — preuve d'une détermination froide et réfléchie qui troubla profondément ses contemporains, peu habitués à une telle résolution chez une jeune femme de province.

Source : Radio France

10 Questions qu'on se pose sur Charlotte Corday

D'où vient Charlotte Corday ?

Née en 1768 en Normandie, Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont descend d'une famille noble désargentée, apparentée au dramaturge Corneille. Élevée en partie au couvent, elle se nourrit très tôt de lectures classiques et des idéaux républicains antiques.

Qu'est-ce qui a inspiré Charlotte Corday ?

Horrifiée par les massacres de Septembre et par les appels incessants de Marat à des exécutions massives, elle le tient pour le principal responsable de la Terreur qui dévore la Révolution. Proche des idées girondines, elle voit dans sa disparition le seul moyen de sauver la République d'elle-même.

Quel a été le plus grand accomplissement, ou acte marquant, de Charlotte Corday ?

Seule, sans complot ni complice, elle planifie et exécute l'assassinat de Marat le 13 juillet 1793. Elle obtient une audience en prétextant dénoncer des Girondins réfugiés en Normandie, puis le poignarde dans son bain avec un couteau acheté le matin même au Palais-Royal.

Quels obstacles Charlotte Corday a-t-elle dû surmonter ?

Jeune femme de province agissant seule, sans réseau politique ni soutien, elle doit tout organiser elle-même : l'achat de l'arme, la ruse pour obtenir audience, et l'acceptation d'une mort certaine en échange de son geste. Rien dans sa condition ne la prédestinait à un tel acte.

Quel était son caractère au quotidien ?

Ceux qui l'approchent la décrivent calme, réfléchie et cultivée, loin de l'image d'une exaltée. Son procès révèle une sérénité déconcertante face à ses juges, qu'elle affronte avec une clarté d'esprit qui impressionne jusqu'à ses accusateurs.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Charlotte Corday ?

Son geste divise profondément l'opinion : saluée comme une héroïne tyrannicide par certains, elle est condamnée comme meurtrière par les Montagnards, qui font aussitôt de Marat un martyr de la cause révolutionnaire. Sa détermination froide et préméditée choque des contemporains peu habitués à une telle résolution chez une jeune femme.

Quelle fut la vie familiale de Charlotte Corday ?

Célibataire et sans enfant, elle vit modestement au sein d'une famille noble tombée en disgrâce financière. Cette éducation classique et austère, reçue en partie au couvent, façonne durablement ses convictions républicaines.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Charlotte Corday ?

Des artistes comme Paul Baudry l'ont romancée en ange vengeur d'une beauté idéalisée, image reprise et amplifiée par la littérature du XIXe siècle. La réalité est plus complexe : celle d'une idéologue déterminée, convaincue que son acte sauverait des milliers de vies.

Que reste-t-il de Charlotte Corday aujourd'hui ?

Elle demeure le symbole du geste politique individuel poussé à son extrême, suscitant toujours le débat entre figure héroïque et meurtrière. Certains y voient aussi une image précoce d'agentivité féminine dans un monde politique presque exclusivement masculin.

Quelles sont les circonstances de la mort de Charlotte Corday ?

Elle est guillotinée quatre jours après son geste, le 17 juillet 1793, à seulement 24 ans, au terme d'un procès expéditif. La légende veut que sa joue ait rougi lorsque l'aide du bourreau la gifla après la décapitation, alimentant la croyance en une conscience persistante après le coup.

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