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Qui était Vincent Auriol ?
Président de la République · 1884-1966
Dernière mise à jour : 10 août 2026
Avocat et député socialiste dès l'entre-deux-guerres, il fait partie des rares parlementaires à refuser, en juillet 1940, d'accorder les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, un choix qui le conduit à rejoindre la Résistance puis à connaître l'arrestation.
À la Libération, sa fidélité aux institutions républicaines et son autorité morale le désignent tout naturellement pour devenir, en 1947, le premier président de la IVe République, un régime qui réduit considérablement les pouvoirs de la fonction présidentielle au profit de l'Assemblée nationale. Président avant tout arbitre dans un contexte d'instabilité ministérielle chronique, il use néanmoins de son influence pour peser sur les grandes crises de son septennat, notamment les débuts de la guerre d'Indochine.
🎲 Anecdote
il quitte l'Élysée en 1954 sans jamais chercher à se représenter, un geste de sobriété institutionnelle qui tranche avec les tensions politiques de la fin de la IVe République qu'il laisse derrière lui.
10 Questions qu'on se pose sur Vincent Auriol
D'où vient Vincent Auriol ?
Né en 1884 à Revel, dans une famille modeste de boulangers du Lauragais, il doit son ascension sociale à des études de droit brillantes menées grâce à des bourses. Avocat puis journaliste engagé dans la mouvance socialiste dès le début du siècle, il gravit les échelons du parti aux côtés de Jean Jaurès, dont il devient l'un des proches. Cette origine populaire du Sud-Ouest reste, tout au long de sa carrière, un ancrage revendiqué face à l'establishment parisien.
Qu'est-ce qui a inspiré Vincent Auriol ?
Sa formation auprès de Jean Jaurès, assassiné en 1914, et son expérience de ministre des Finances puis de la Justice sous le Front populaire de Léon Blum en 1936 le convainquent de la nécessité d'un socialisme profondément attaché aux institutions parlementaires. Le vote des pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940, auquel il refuse de s'associer avec seulement quatre-vingts autres parlementaires, devient le geste fondateur de tout le reste de sa carrière politique. Cette fidélité inconditionnelle à la République parlementaire guide ensuite chacune de ses décisions.
Quel a été le plus grand accomplissement de Vincent Auriol ?
Élu en janvier 1947 premier président de la IVe République par le Congrès réuni à Versailles, il incarne la refondation démocratique du pays après l'effondrement de 1940 et l'occupation. Il s'efforce, avec un certain succès, d'imposer l'image d'un président-arbitre au-dessus des partis dans un régime marqué par une instabilité ministérielle chronique, tout en pesant discrètement sur les grandes orientations diplomatiques et coloniales. Sa présidence installe durablement les usages républicains de la fonction pour les décennies suivantes.
Quels obstacles Vincent Auriol a-t-il dû surmonter ?
Son septennat traverse une succession ininterrompue de crises ministérielles, la IVe République voyant se succéder plus d'une vingtaine de gouvernements entre 1947 et 1954, ce qui limite considérablement sa marge de manœuvre institutionnelle. Il doit aussi composer avec l'aggravation de la guerre d'Indochine et les tensions croissantes de la Guerre froide, sans disposer des pouvoirs exécutifs forts que la Constitution refuse délibérément au président. Son arrestation par la police de Vichy en 1940, après son passage dans la clandestinité, avait déjà éprouvé sa détermination bien avant son élection.
Quel était son caractère au quotidien ?
Chaleureux et bon vivant, fier de son accent du Sud-Ouest qu'il ne cherche jamais à effacer, il cultive une image de proximité populaire assez inédite pour la fonction présidentielle de l'époque. Travailleur méthodique et fidèle en amitié, notamment envers ses anciens compagnons socialistes, il reste néanmoins un négociateur habile dans les coulisses des innombrables crises gouvernementales qu'il doit arbitrer. Cette alliance de simplicité affichée et de sens politique aiguisé marque durablement ses contemporains.
Quelle a été la plus grande controverse concernant Vincent Auriol ?
Sa présidence est marquée par l'aggravation de la guerre d'Indochine, dont il soutient la poursuite militaire sans parvenir à en infléchir le cours, une politique de plus en plus contestée jusqu'à la fin de son mandat. Certains lui reprochent également une forme de passivité institutionnelle face à l'instabilité chronique des gouvernements, qu'il aurait pu, selon ses détracteurs, davantage chercher à endiguer par son autorité morale. Ces critiques restent toutefois mesurées au regard des contraintes constitutionnelles très strictes pesant sur sa fonction.
Quelle fut la vie familiale de Vincent Auriol ?
Marié à Michelle Aucouturier, dont il a un fils, il mène une vie de famille discrète, peu exposée médiatiquement au regard des standards actuels de la vie présidentielle. Son épouse joue néanmoins un rôle protocolaire notable durant le septennat, incarnant une forme de sobriété républicaine assumée à l'Élysée. Cette discrétion familiale contraste avec l'exposition publique de ses engagements politiques.
Quelle est la part du mythe dans la vie de Vincent Auriol ?
On retient souvent de lui l'image d'un président sans pouvoir réel, simple potiche institutionnelle de la IVe République, alors qu'il exerce en réalité une influence diplomatique et morale non négligeable dans les coulisses du pouvoir. Son refus des pleins pouvoirs en 1940 est parfois présenté comme un acte isolé et héroïque, alors qu'il s'inscrit dans un mouvement collectif, certes minoritaire, de quatre-vingts parlementaires partageant la même conviction. La réalité de son septennat est ainsi plus nuancée que l'image d'effacement institutionnel qui lui est restée attachée.
Que reste-t-il de Vincent Auriol aujourd'hui ?
Il demeure la figure fondatrice de la présidence de la IVe République et le symbole d'un retour réussi à la légalité républicaine après les années noires de l'Occupation et de Vichy. Son septennat a durablement installé l'usage d'une présidence arbitrale, distincte du pouvoir exécutif réel confié au gouvernement, un modèle qui influencera les débats constitutionnels français ultérieurs. Sa sobriété en quittant le pouvoir en 1954, sans chercher à se représenter, reste citée comme un exemple de retenue institutionnelle.
Quelles sont les circonstances de la mort de Vincent Auriol ?
Il se retire définitivement de la vie politique après la fin de son septennat en 1954, refusant tout nouveau mandat malgré son statut d'ancien président. Il meurt en janvier 1966 à Paris, à l'âge de quatre-vingt-un ans, après plusieurs années de retraite discrète loin des feux de l'actualité politique. Sa disparition est saluée comme celle d'un des artisans les plus respectés du redressement républicain de l'après-guerre.





