Joue avec l'Histoire de FranceCréer mon album




















"Entre l'éclat des châteaux de la Loire et le fracas des guerres de Religion, ces destins ont fait entrer la France dans la Renaissance..."
Le XVIe siècle est celui de la Renaissance. Les rois de France rapportent d'Italie le goût des arts et des lettres, font bâtir les châteaux de la Loire et accueillent Léonard de Vinci. Les navigateurs partent vers le Nouveau Monde, les poètes de la Pléiade réinventent la langue française, et la médecine progresse. Mais la seconde moitié du siècle bascule dans les guerres de Religion, qui déchirent catholiques et protestants jusqu'à l'édit de Nantes. De Louis XII à Henri IV, ces figures racontent un siècle d'éclat et de fureur.
Louis XII (1462-1515)
Duc d'Orléans devenu roi en 1498 à la mort de son cousin Charles VIII, Louis XII épouse sa veuve, Anne de Bretagne, pour garder la Bretagne dans l'orbite du royaume.
Il poursuit les guerres d'Italie et conquiert le Milanais, avant d'en être chassé. Soucieux de ménager ses sujets et de ne pas alourdir les impôts, il est surnommé « le Père du peuple ».
Chevalier Bayard (vers 1476-1524)
Pierre Terrail, seigneur de Bayard, s'illustre dans les guerres d'Italie sous Charles VIII, Louis XII et François Ier, au point d'incarner le « chevalier sans peur et sans reproche ».
Après la victoire de Marignan en 1515, c'est lui qui, selon la tradition, arme chevalier le jeune François Ier. Mortellement blessé en 1524 lors de la retraite de Romagnano, il meurt face à l'ennemi.
Anne de Bretagne (1477-1514)
Duchesse de Bretagne à onze ans, Anne défend l'indépendance de son duché, mais doit épouser Charles VIII en 1491, puis, veuve, son successeur Louis XII : elle est deux fois reine de France.
Attachée à la Bretagne, dont elle préserve les institutions, elle est aussi une grande mécène. Le mariage de sa fille Claude avec le futur François Ier prépare l'union définitive du duché au royaume en 1532.
Gaston de Foix (1489-1512)
Neveu de Louis XII, Gaston de Foix, duc de Nemours, reçoit à vingt-deux ans le commandement de l'armée d'Italie et enchaîne les coups d'éclat, surgissant là où on ne l'attend pas.
Il remporte la bataille de Ravenne le 11 avril 1512, mais y trouve la mort en poursuivant l'ennemi. Sa disparition prive la France de son meilleur capitaine, surnommé « le foudre d'Italie ».
Jacques Cartier (1491-1557)
Navigateur malouin, Jacques Cartier est chargé par François Ier de trouver un passage vers l'Asie. En 1534, il atteint le golfe du Saint-Laurent et prend possession de la terre au nom du roi.
Lors de son deuxième voyage, il remonte le fleuve jusqu'aux sites des futures villes de Québec et de Montréal. Il donne au pays le nom de « Canada », tiré d'un mot iroquoien signifiant « village ».
François Rabelais (vers 1494-1553)
Moine devenu médecin, humaniste passionné de savoir, François Rabelais publie en 1532 Pantagruel puis Gargantua, récits de géants où se mêlent farce, érudition et satire.
Condamnés par la Sorbonne pour leur liberté de ton, ses livres célèbrent l'appétit de vivre et de connaître. Ils ont légué à la langue le mot « pantagruélique » et l'abbaye de Thélème, avec sa devise : « Fais ce que voudras ».
François Ier (1494-1547)
Roi en 1515, François Ier remporte la même année la victoire de Marignan. Fait prisonnier à Pavie en 1525 par Charles Quint, son grand rival, il passe un an en captivité à Madrid.
Prince de la Renaissance, il accueille Léonard de Vinci à Amboise, fait bâtir Chambord et Fontainebleau, fonde le futur Collège de France et impose par l'ordonnance de Villers-Cotterêts l'usage du français dans les actes officiels.
Claude de France (1499-1524)
Fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, Claude de France épouse en 1514 le futur François Ier, lui apportant ses droits sur la Bretagne.
Reine discrète, éclipsée par sa belle-mère Louise de Savoie et par les favorites de son mari, elle lui donne sept enfants avant de mourir à vingt-quatre ans. La prune « reine-claude » porte son nom.
Diane de Poitiers (1499-1566)
Veuve d'un grand seigneur normand, Diane de Poitiers devient la favorite du futur Henri II, de vingt ans son cadet, et le reste jusqu'à la mort du roi.
Plus influente que la reine Catherine de Médicis pendant tout le règne, elle reçoit le château de Chenonceau, dont elle devra se défaire au profit de la reine devenue veuve, avant de se retirer à Anet.
Nostradamus (1503-1566)
Apothicaire et médecin provençal, Michel de Nostredame se fait connaître en soignant les victimes de la peste, avant de publier des almanachs puis, en 1555, ses Prophéties en quatrains.
Consulté par Catherine de Médicis, nommé médecin de Charles IX, il acquiert une célébrité qui ne s'est jamais démentie : ses vers obscurs continuent d'être interprétés, siècle après siècle.
Ambroise Paré (vers 1510-1590)
Chirurgien-barbier devenu chirurgien de quatre rois, Ambroise Paré révolutionne le soin des blessures de guerre en renonçant à cautériser les plaies à l'huile bouillante.
Il remplace aussi le fer rouge par la ligature des artères lors des amputations. Considéré comme le père de la chirurgie moderne, il écrivait en français plutôt qu'en latin, avec cette formule : « Je le pansai, Dieu le guérit ».
Henri II (1519-1559)
Fils de François Ier, Henri II devient roi en 1547 et poursuit la lutte contre les Habsbourg. Il reprend Calais aux Anglais en 1558 et conquiert les Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun.
En 1559, lors d'un tournoi célébrant la paix, la lance du capitaine Montgomery lui transperce l'œil : il meurt quelques jours plus tard, laissant le trône à de jeunes fils et le royaume au bord des guerres de Religion.
Catherine de Médicis (1519-1589)
Issue de la puissante famille florentine des Médicis, Catherine épouse le futur Henri II en 1533. Veuve en 1559, elle gouverne le royaume au nom de ses fils François II, Charles IX et Henri III.
Elle tente longtemps de réconcilier catholiques et protestants, mais son nom reste attaché au massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Mécène, elle fait bâtir le palais des Tuileries.
Joachim du Bellay (1522-1560)
Poète angevin, Joachim du Bellay publie en 1549 la Défense et illustration de la langue française, manifeste de la Pléiade qui veut hisser le français au niveau du latin et du grec.
Au cours d'un séjour décevant à Rome, il compose Les Regrets, où figure le célèbre sonnet « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage », chant de nostalgie pour son Liré natal.
Pierre de Ronsard (1524-1585)
Devenu sourd dans sa jeunesse, Pierre de Ronsard renonce à la carrière des armes pour la poésie et prend la tête de la Pléiade avec Du Bellay.
Surnommé le « prince des poètes », poète officiel de la cour, il chante l'amour et le temps qui passe dans ses Odes et ses Amours, avec le célèbre « Mignonne, allons voir si la rose ».
Michel de Montaigne (1533-1592)
Magistrat bordelais, ami inconsolable d'Étienne de La Boétie, Michel de Montaigne se retire en 1571 dans la tour de son château pour écrire les Essais.
Maire de Bordeaux, médiateur entre catholiques et protestants, il y observe l'homme à travers lui-même, avec sa devise sceptique : « Que sais-je ? ». Son œuvre fonde un genre littéraire nouveau.
Charles IX (1550-1574)
Roi à dix ans en 1560, Charles IX règne sous l'influence de sa mère Catherine de Médicis, dans un royaume déchiré par les guerres de Religion.
Son nom reste attaché au massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, qu'il a autorisé. Hanté, dit-on, par ce souvenir, il meurt de tuberculose deux ans plus tard, à vingt-trois ans.
Henri III (1551-1589)
Élu roi de Pologne en 1573, Henri III s'enfuit de Cracovie l'année suivante pour succéder à son frère Charles IX. Roi raffiné, il crée l'ordre du Saint-Esprit.
Menacé par la Ligue catholique, il fait assassiner son chef, le duc de Guise, en 1588, puis s'allie au protestant Henri de Navarre. Il est poignardé en 1589 par le moine Jacques Clément, dernier roi de la dynastie des Valois.
Henri IV (1553-1610)
Roi de Navarre et chef des protestants, Henri IV devient roi de France en 1589 mais doit conquérir son royaume. Il se convertit au catholicisme en 1593, puis entre dans Paris.
Par l'édit de Nantes en 1598, il met fin aux guerres de Religion. Avec Sully, il relève le pays, avec la fameuse « poule au pot » pour tous les dimanches. Il est assassiné par Ravaillac en 1610.
Reine Margot (1553-1615)
Fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, Marguerite de Valois épouse en 1572 le protestant Henri de Navarre : leurs noces sont suivies du massacre de la Saint-Barthélemy.
Longtemps tenue à l'écart puis exilée en Auvergne, elle accepte l'annulation de son mariage en 1599. Femme de lettres, elle laisse des Mémoires, et sa légende romanesque inspire plus tard Alexandre Dumas.
Gabrielle d'Estrées (1573-1599)
Favorite d'Henri IV à partir de 1591, Gabrielle d'Estrées lui donne trois enfants et joue un rôle dans sa conversion au catholicisme et dans la pacification du royaume.
Le roi envisage de l'épouser, mais elle meurt brutalement en 1599, enceinte, quelques jours avant Pâques, ce qui fait courir des rumeurs d'empoisonnement.
En parcourant ces figures du XVIe siècle, c'est un siècle de contrastes qui se dessine : celui de Chambord et de la Saint-Barthélemy, des humanistes et des fanatiques, des explorateurs et des courtisans. Des champs de bataille d'Italie aux rives du Saint-Laurent, chacun de ces destins a marqué durablement l'Histoire de France.
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