Joue avec l'Histoire de FranceCréer mon album"Du bon roi Henri au Roi-Soleil, jusqu'à l'échafaud de la Révolution..."
En 1589, l'assassinat d'Henri III éteint la dynastie des Valois sans héritier direct. La couronne revient à son cousin et beau-frère, chef du parti protestant : Henri de Navarre, qui fonde la dynastie des Bourbons. En deux siècles, cette lignée porte la monarchie française à son apogée absolutiste sous Louis XIV avant de s'effondrer dans la tourmente de la Révolution, puis de renaître brièvement lors de la Restauration.
Henri IV (1553-1610)
Né protestant au château de Pau, Henri de Navarre traverse les guerres de Religion comme acteur central — rescapé de la Saint-Barthélemy, chef du parti huguenot, héritier du trône contesté — avant d'abjurer le protestantisme en 1593 avec le pragmatisme légendaire du « Paris vaut bien une messe ». Son édit de Nantes en 1598 met fin à quarante ans de guerres civiles en accordant aux protestants une liberté de culte encadrée, premier acte de tolérance religieuse dans l'histoire de France.
Roi populaire, resté « le bon roi Henri » dans la mémoire collective pour avoir souhaité une poule au pot chaque dimanche à tous ses sujets, il est assassiné par le fanatique catholique Ravaillac en 1610, alors que son carrosse est bloqué dans une rue de Paris. Sa mort brutale ouvre une régence incertaine sous Marie de Médicis, mère de son fils encore enfant.
Louis XIII (1601-1643)
Fils d'Henri IV et de Marie de Médicis, Louis XIII hérite d'un royaume agité et d'une mère régente autoritaire qu'il fait arrêter en 1617 pour régner enfin par lui-même, s'appuyant entièrement sur le cardinal de Richelieu à partir de 1624. Ce tandem improbable — un roi mélancolique et secret, un cardinal ambitieux et visionnaire — forge l'absolutisme royal, écrase la puissance politique des protestants à La Rochelle et des grands seigneurs, et engage la France dans la guerre de Trente Ans contre les Habsbourg.
Louis XIV (1638-1715)
Fils de Louis XIII, roi de France pendant soixante-douze ans — le règne le plus long de l'histoire européenne —, Louis XIV concentre entre ses mains un pouvoir absolu symbolisé par sa formule « L'État, c'est moi » et par Versailles, palais-symbole de la monarchie absolue qui fascine et inspire toutes les cours d'Europe. Guerrier infatigable, bâtisseur insatiable, protecteur des arts qui couvre Molière, Racine et Lully de commandes royales, il fait du règne français le modèle culturel et politique du continent pendant un siècle.
La révocation de l'édit de Nantes en 1685, qui provoque l'exode de 300 000 protestants français parmi les plus qualifiés, et les guerres incessantes qui saignent le royaume à blanc ternissent la fin d'un règne dont la grandeur ne peut masquer le coût humain vertigineux. Il meurt en 1715, laissant le trône à son arrière-petit-fils, âgé de cinq ans, faute d'avoir survécu à ses propres enfants et petits-enfants.
Louis XV (1710-1774)
Arrière-petit-fils de Louis XIV, Louis XV monte sur le trône à cinq ans après une série de deuils qui décime la famille royale, et grandit sous la régence du duc d'Orléans avant de révéler, adulte, une intelligence politique réelle qu'il exerce dans la discrétion de son « Secret du roi », une diplomatie parallèle inconnue de ses propres ministres. Son règne voit la perte du Canada et de l'Inde face aux Anglais lors de la guerre de Sept Ans, mais aussi les débuts de l'œuvre encyclopédiste et des Lumières qui vont ébranler la monarchie. Surnommé « le Bien-Aimé » dans sa jeunesse, il finit impopulaire, conscient lui-même du péril qui s'accumule.
Louis XVI (1754-1793)
Petit-fils de Louis XV, Louis XVI monte sur le trône à vingt ans avec de bonnes intentions réformatrices mais une personnalité indécise et timorée qui le condamne à toujours choisir trop tard et trop peu face aux crises qui s'accumulent. Il soutient pourtant la révolution américaine, envoie La Fayette aider les insurgents, et tente des réformes fiscales que les privilégiés bloquent systématiquement, creusant le déficit qui précipite la convocation des états généraux en 1789.
Arrêté à Varennes en juin 1791 dans sa fuite vers l'étranger — trahison aux yeux des révolutionnaires —, il est jugé par la Convention et guillotiné le 21 janvier 1793, dernier roi sacré de France à régner effectivement. Sa mort ouvre la Première République et plonge son fils encore enfant, prisonnier au Temple, dans une captivité qui ne prendra fin qu'avec sa propre mort deux ans plus tard.
Louis XVII (1785-1795)
Second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, il devient l'héritier du trône à la mort de son frère aîné en 1789, en pleine Révolution. Après l'exécution de son père en janvier 1793, les royalistes le proclament roi sous le nom de Louis XVII, bien qu'il ne règne jamais réellement, resté emprisonné avec sa famille à la prison du Temple. Séparé de sa mère puis livré à des conditions de détention effroyables, sa santé se dégrade rapidement et il meurt en 1795, à seulement dix ans — un mystère qui alimentera longtemps rumeurs d'évasion et faux dauphins survivants.
Louis XVIII (1755-1824)
Frère de Louis XVI, Louis-Stanislas-Xavier passe plus de vingt ans en exil à travers l'Europe avant de rentrer en France dans les bagages des alliés après la chute de Napoléon en 1814, selon le mot cruel de Talleyrand « dans les fourgons de l'étranger ». Intelligent et pragmatique, il accepte d'octroyer une Charte constitutionnelle qui réconcilie partiellement l'héritage révolutionnaire et la monarchie, inaugurant la Restauration dans un esprit de réconciliation nationale relative — y compris pendant les Cent-Jours, l'intermède où Napoléon reprend brièvement le pouvoir avant Waterloo.
Charles X (1757-1836)
Dernier frère de Louis XVI à régner, le comte d'Artois avait été le chef de file de l'émigration aristocratique la plus intransigeante avant de monter sur le trône en 1824, incapable d'admettre que la Révolution avait changé la France de manière irréversible. Son règne marque un retour ostentatoire à l'Ancien Régime — indemnisation des émigrés, sacre à Reims avec les fastes d'autrefois — qui exaspère une opinion publique acquise aux idées libérales.
Les Trois Glorieuses de juillet 1830, trois jours d'insurrection parisienne, l'emportent en 72 heures et le contraignent à un second exil, concluant définitivement l'aventure des Bourbons de la branche aînée. La couronne échoit alors à son cousin Louis-Philippe, duc d'Orléans, qui inaugure une monarchie constitutionnelle d'un genre nouveau.
En parcourant cette collection des Bourbons, c'est l'histoire de l'absolutisme français que l'on redécouvre, de sa naissance dans le sang des guerres de Religion à son apogée versaillaise, jusqu'à sa chute sur l'échafaud révolutionnaire et sa tentative avortée de restauration.
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