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Qui était Paul Reynaud ?

Président du Conseil · 1878-1966

Dernière mise à jour : 10 août 2026

Avocat et député modéré, plusieurs fois ministre des Finances dans l'entre-deux-guerres, il devient président du Conseil en mars 1940, quelques semaines avant l'offensive allemande qui submerge la France en six semaines.

Farouchement opposé à toute idée d'armistice avec l'Allemagne nazie, il défend jusqu'au bout la poursuite du combat, y compris depuis l'Afrique du Nord, mais se retrouve minoritaire face aux partisans de la paix menés par le maréchal Pétain. Il démissionne le 16 juin 1940, ouvrant la voie à Pétain et à la demande d'armistice qu'il avait lui-même toujours refusée.

🎲 Anecdote

arrêté par le régime de Vichy dès septembre 1940, il est ensuite livré aux Allemands et déporté jusqu'à la Libération, payant de plusieurs années de captivité son opposition précoce à la capitulation française.

Source : 2000 ans d'histoire

10 Questions qu'on se pose sur Paul Reynaud

D'où vient Paul Reynaud ?

Il naît le 15 octobre 1878 à Barcelonnette, dans les Alpes-de-Haute-Provence, au sein d'une famille de négociants enrichis dans le commerce textile au Mexique, une tradition bien connue de cette vallée. Après des études de droit et de sciences politiques à Paris, il devient avocat au barreau avant de se tourner vers la politique. Ce parcours de fils de la bourgeoisie provinciale montée à Paris nourrit très tôt son goût pour le débat d'idées et l'action publique.

Qu'est-ce qui a inspiré Paul Reynaud ?

Son expérience de combattant durant la Première Guerre mondiale, où il sert comme officier malgré un âge déjà avancé pour l'infanterie, forge sa détermination et son patriotisme intransigeant. Élu député des Basses-Alpes puis de Paris dans l'entre-deux-guerres, il se distingue par ses positions économiques modernes, favorables à la dévaluation du franc pour relancer l'industrie. La montée des périls extérieurs dans les années 1930 achève de faire de lui l'un des rares responsables politiques à alerter précocement sur la nécessité de moderniser l'armée française, en soutenant notamment les théories du colonel de Gaulle sur les blindés.

Quel a été le plus grand accomplissement de Paul Reynaud ?

Devenu président du Conseil en mars 1940, il tente in extremis de réorganiser la défense du pays face à l'offensive allemande, en rappelant le général Weygand et en faisant entrer de Gaulle au gouvernement. Son plus grand mérite reste d'avoir, jusqu'à sa démission, refusé catégoriquement toute idée d'armistice avec l'Allemagne nazie, plaidant pour la poursuite du combat depuis l'Afrique du Nord. Cette position intransigeante, minoritaire au sein de son propre gouvernement, fait de lui l'une des rares voix politiques de premier plan à s'opposer frontalement à la capitulation.

Quels obstacles Paul Reynaud a-t-il dû surmonter ?

Arrivé au pouvoir dans un contexte militaire déjà très dégradé, il doit composer avec une majorité parlementaire fragile et un gouvernement divisé entre partisans de la poursuite de la guerre et défenseurs de l'armistice. La défaite militaire fulgurante de mai-juin 1940 le prive de toute marge de manœuvre, malgré ses efforts pour maintenir la résistance depuis les colonies. Minoritaire face au maréchal Pétain et à ses partisans, il se voit contraint à la démission le 16 juin 1940, incapable d'empêcher la demande d'armistice qu'il avait toujours combattue.

Quel était son caractère au quotidien ?

Ses contemporains le décrivent comme un homme brillant et cultivé, orateur redouté à la Chambre des députés, mais aussi cassant et peu enclin au compromis politique. Petit de taille, il compense par une énergie et une combativité intellectuelle qui impressionnent ses interlocuteurs, y compris ses adversaires. Sa relation avec la comtesse Hélène de Portes, dont l'influence sur ses décisions politiques est très critiquée jusque dans son propre camp, marque durablement l'image de sa vie privée et publique.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Paul Reynaud ?

Sa décision de faire entrer au gouvernement le maréchal Pétain, dès mai 1940, pour rassurer l'opinion, se retourne finalement contre lui puisque c'est ce même Pétain qui lui succède et signe l'armistice tant redouté. L'influence prêtée à sa maîtresse Hélène de Portes sur les affaires de l'État, notamment en faveur des partisans de la paix, alimente de vives critiques sur son entourage. Sa démission du 16 juin 1940, plutôt qu'un passage en force pour poursuivre la guerre depuis l'Afrique du Nord, reste discutée par les historiens comme un choix qui a facilité l'arrivée au pouvoir de Pétain.

Quelle fut la vie familiale de Paul Reynaud ?

Marié une première fois à Jeanne Henri-Robert, avec qui il a trois enfants, il connaît une vie conjugale mouvementée, éclipsée dans les années 1930 par sa liaison très publique avec la comtesse Hélène de Portes. Celle-ci meurt tragiquement dans un accident de voiture en juin 1940, alors qu'ils fuient ensemble l'avancée allemande. Il se remarie après-guerre avec Christiane Mabire, dont il a un fils, reconstruisant une vie familiale apaisée après les épreuves de la captivité.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Paul Reynaud ?

Il est parfois présenté comme l'homme qui aurait pu éviter la défaite de 1940 s'il avait été davantage écouté, une lecture qui simplifie la gravité du désastre militaire français face à la tactique allemande. Son image de champion précoce de l'arme blindée, pour avoir soutenu de Gaulle dans les années 1930, est réelle mais reste minoritaire dans un état-major alors dominé par la doctrine défensive de la ligne Maginot. Sa résistance à l'armistice, souvent opposée en bloc à la « lâcheté » de Pétain, mérite d'être nuancée par la complexité politique et militaire de juin 1940.

Que reste-t-il de Paul Reynaud aujourd'hui ?

Il demeure une figure de référence pour avoir incarné, jusqu'au bout, le refus de la capitulation face à l'Allemagne nazie en juin 1940. Son soutien précoce aux thèses de Charles de Gaulle sur la guerre mécanisée en fait un précurseur reconnu de la modernisation militaire française. Plusieurs rues et établissements scolaires portent aujourd'hui son nom, en mémoire de cet homme d'État resté fidèle à ses convictions dans les heures les plus sombres de la France.

Quelles sont les circonstances de la mort de Paul Reynaud ?

Arrêté par le régime de Vichy dès septembre 1940, il est jugé lors du procès de Riom puis livré aux autorités allemandes, qui le déportent en Allemagne et en Autriche jusqu'à sa libération en 1945. Il reprend ensuite une carrière politique active sous la IVe puis la Ve République, avant de mourir le 21 septembre 1966 à Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 87 ans. Sa mort clôt une vie marquée par un exil forcé de plusieurs années, payé au prix fort pour son opposition précoce à l'armistice.

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