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Qui était Philippe-Égalité ?

Duc d'Orléans · 1747-1793

Dernière mise à jour : 16 août 2026

Cousin de Louis XVI et l'un des hommes les plus riches de France, Philippe d'Orléans se rallie dès 1789 aux idées révolutionnaires et prend le nom de « Philippe-Égalité » en 1792.

Élu député à la Convention, il vote la mort de son propre cousin le roi en janvier 1793. Suspecté de complot après la trahison de son fils, le futur roi Louis-Philippe, il est à son tour guillotiné en novembre 1793.

🎲 Anecdote

malgré son vote régicide et son ralliement à la Révolution, il finit lui-même sur l'échafaud, victime de la Terreur qu'il avait contribué à alimenter.

Source : Les grands dossiers de l'Histoire (Franck Ferrand)

10 Questions qu'on se pose sur Philippe-Égalité

D'où vient Philippe-Égalité ?

Né en 1747 au château de Saint-Cloud, Louis-Philippe Joseph d'Orléans appartient à la branche cadette des Bourbons, cousin germain du futur Louis XVI. Héritier de la maison d'Orléans, il est l'un des hommes les plus riches de France, propriétaire notamment du Palais-Royal à Paris. Cette fortune colossale et son rang de prince du sang le placent dès sa jeunesse au cœur de la cour, où il cultive pourtant une image de contestataire.

Qu'est-ce qui a inspiré Philippe-Égalité ?

Séduit très tôt par les idées des Lumières et par l'exemple de la révolution américaine, il cultive une opposition personnelle à l'étiquette rigide de Versailles et à l'autorité de Louis XVI. Sa rivalité de longue date avec la reine Marie-Antoinette, qui le tient à l'écart de la cour, nourrit également son ralliement progressif aux idées réformatrices. Le Palais-Royal, propriété familiale ouverte au public, devient dès 1789 un foyer de débats et d'agitation révolutionnaire qu'il tolère sinon encourage.

Quel a été le plus grand accomplissement de Philippe-Égalité ?

Dès 1789, il se rallie ouvertement à la cause révolutionnaire, un geste rare pour un prince du sang qui lui vaut une immense popularité populaire à Paris. Élu député de la noblesse aux États généraux puis, après avoir renoncé à ses titres, député de Paris à la Convention nationale sous le nom de Philippe Égalité. Son ralliement contribue à légitimer la Révolution aux yeux d'une partie de l'opinion, en montrant qu'elle n'est pas dirigée contre la totalité de l'aristocratie.

Quels obstacles Philippe-Égalité a-t-il dû surmonter ?

Sa proximité familiale avec Louis XVI le place dans une position politique intenable dès que la Révolution se radicalise, chaque camp le soupçonnant de duplicité. En janvier 1793, il doit voter, comme les autres conventionnels, sur le sort de son propre cousin le roi, un choix aux conséquences personnelles et politiques immenses. La défection de son fils aîné, le futur Louis-Philippe, qui passe à l'ennemi avec le général Dumouriez en avril 1793, achève de le rendre suspect aux yeux des révolutionnaires les plus radicaux.

Quel était son caractère au quotidien ?

Ses contemporains le décrivent comme un homme séduisant, dépensier et porté sur les plaisirs mondains, menant grand train malgré ses discours égalitaires. Habile politique, il sait entretenir sa popularité populaire tout en conservant les usages et le confort de son immense fortune personnelle. Cette ambiguïté entre son discours révolutionnaire et son mode de vie princier alimente la méfiance à son égard, autant à droite qu'à gauche de l'échiquier politique.

Quelle a été la plus grande controverse concernant Philippe-Égalité ?

Son vote en faveur de la mort de Louis XVI, le 17 janvier 1793, choque une grande partie de l'opinion, y compris parmi les révolutionnaires, qui y voient un parricide symbolique commis par ambition personnelle. Beaucoup l'accusent alors d'avoir cherché à se rapprocher du trône en sacrifiant son cousin, soupçon jamais vraiment dissipé. La trahison de son fils quelques mois plus tard confirme aux yeux des Montagnards que toute la famille d'Orléans reste une menace pour la République naissante.

Quelle fut la vie familiale de Philippe-Égalité ?

Marié en 1769 à Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, l'une des plus riches héritières de France, il en a plusieurs enfants dont l'aîné, le futur roi Louis-Philippe Ier. Sa vie privée est marquée par de nombreuses liaisons, notamment avec Félicité de Genlis, préceptrice de ses enfants et figure influente de son entourage. La défection de son fils en 1793 rompt définitivement les liens entre le père, resté en France, et l'héritier réfugié à l'étranger, une rupture qui précipite sa propre chute.

Quelle est la part du mythe dans la vie de Philippe-Égalité ?

La légende noire construite après sa mort en fait souvent un simple opportuniste, prêt à toutes les compromissions pour asseoir son pouvoir personnel, une image en partie forgée par ses ennemis royalistes. Son surnom même de « Philippe Égalité », adopté en septembre 1792, a longtemps été présenté comme une preuve de duplicité plutôt que comme un choix politique sincère et cohérent avec ses engagements antérieurs. Le contraste entre son vote régicide et sa propre exécution quelques mois plus tard, par la Terreur qu'il avait soutenue, a nourri une lecture tragique et moralisatrice de sa trajectoire.

Que reste-t-il de Philippe-Égalité aujourd'hui ?

Sa trajectoire reste étudiée comme l'exemple emblématique de l'aristocrate rallié à la Révolution puis rattrapé par elle, illustrant la logique impitoyable de la Terreur. Son fils, le futur Louis-Philippe Ier, accédera au trône en 1830, offrant une forme de revanche posthume à la lignée orléaniste qu'il avait tant compromise. Le Palais-Royal, dont il fut propriétaire, demeure aujourd'hui un lieu emblématique de Paris, témoin de son rôle central dans les premières années révolutionnaires.

Quelles sont les circonstances de la mort de Philippe-Égalité ?

Arrêté au printemps 1793 après la trahison de son fils, il est transféré et jugé par le Tribunal révolutionnaire à l'automne, accusé de complicité malgré son ralliement précoce à la cause révolutionnaire. Il est condamné à mort et guillotiné le 6 novembre 1793 à Paris, place de la Révolution, vêtu avec un soin étudié pour affronter l'échafaud avec dignité. Sa mort illustre le retournement brutal de la Terreur contre ceux-là mêmes qui avaient contribué à la déclencher.

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