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Qui était René d'Anjou ?
Duc d'Anjou, comte de Provence · 1409-1480
Dernière mise à jour : 16 septembre 2026
Né le 16 janvier 1409 à Angers, second fils de Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon, il n'est pas destiné à hériter du duché avant que la mort précoce de son frère aîné Louis III ne change son destin en 1434.
Fait prisonnier par le duc de Bourgogne Philippe le Bon après sa défaite à la bataille de Bulgnéville en 1431, il passe plusieurs années en captivité avant de regagner ses terres. Devenu duc d'Anjou, comte de Provence et roi titulaire de Naples, de Sicile et de Jérusalem, il échoue à conserver son royaume napolitain face à Alphonse V d'Aragon, mais transforme Angers puis Aix-en-Provence et Tarascon en foyers artistiques animés de peintres et de poètes.
🎲 Anecdote
Prince lettré, il compose lui-même un roman allégorique, le Livre du Cœur d'Amour épris, dont les enluminures comptent parmi les plus admirées du XVe siècle.
10 Questions qu'on se pose sur René d'Anjou
D'où vient René d'Anjou ?
Il naît le 16 janvier 1409 à Angers, fils du roi-duc Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon, l'une des femmes les plus influentes de son temps. Héritier de titres immenses mais souvent purement honorifiques, il grandit destiné à revendiquer les couronnes de Naples, de Sicile, de Hongrie et même de Jérusalem. Cette éducation princière, mêlée d'humanisme et de culture chevaleresque, forge très tôt son goût pour les arts et les lettres.
Qu'est-ce qui a inspiré René d'Anjou ?
Sa captivité de plusieurs années après la défaite de Bulgnéville en 1431, où il est fait prisonnier par le duc de Bourgogne, lui laisse un temps de réflexion inhabituel pour un prince de son rang. Cet emprisonnement forcé nourrit son goût pour l'écriture et la contemplation, loin de l'agitation des champs de bataille. Sa rencontre avec les artistes et lettrés de la cour angevine, notamment le peintre Barthélemy d'Eyck, achève de l'orienter vers le mécénat plutôt que la seule conquête.
Quel a été le plus grand accomplissement de René d'Anjou ?
Retiré en Provence après ses échecs militaires, il transforme Aix-en-Provence et Tarascon en foyers culturels rayonnants, entouré d'artistes, de poètes et d'enlumineurs. Il compose lui-même des œuvres majeures comme Le Livre du Cœur d'amour épris, roman allégorique somptueusement illustré qui compte parmi les chefs-d'œuvre de la littérature courtoise tardive. Grand organisateur de tournois, il rédige également un traité, le Livre des tournois, qui codifie durablement les usages de la chevalerie festive.
Quels obstacles René d'Anjou a-t-il dû surmonter ?
Sa tentative de faire valoir ses droits sur le royaume de Naples se solde par un échec cuisant : après y avoir régné quelques années, il en est chassé en 1442 par son rival Alphonse V d'Aragon, perdant définitivement ce trône tant convoité. Ses années de captivité bourguignonne le privent aussi de plusieurs années cruciales pour défendre ses possessions lorraines. Surnommé plus tard « le roi sans royaume » par certains, il doit composer toute sa vie avec un décalage entre des titres prestigieux et un pouvoir réel bien plus modeste.
Quel était son caractère au quotidien ?
Ses contemporains le décrivent comme un prince cultivé, affable et généreux, plus attiré par les livres, la peinture et les jardins que par les campagnes militaires. Cette réputation de douceur et de raffinement lui vaudra la postérité affectueuse de « bon roi René », popularisée bien après sa mort. Il cultive aussi une passion sincère pour l'agriculture et l'horticulture, s'intéressant personnellement à l'amélioration des cultures de ses terres provençales.
Quelle a été la plus grande controverse concernant René d'Anjou ?
Sa politique italienne coûteuse et finalement stérile, qui mobilise des ressources considérables pour un résultat nul, lui est reprochée par une partie de ses propres sujets angevins et provençaux. Certains historiens ont aussi souligné le décalage entre l'image raffinée du mécène et un souverain par ailleurs assez peu doué pour la gestion militaire et diplomatique de ses possessions. Sa légende dorée de bon roi bienveillant masque ainsi des choix politiques souvent hasardeux.
Quelle fut la vie familiale de René d'Anjou ?
Il épouse en premières noces Isabelle de Lorraine, duchesse en titre, dont il a plusieurs enfants, y compris Marguerite d'Anjou, qui devient reine d'Angleterre par son mariage avec Henri VI. Veuf, il se remarie en 1454 avec Jeanne de Laval, union heureuse mais sans descendance. Sa fille Marguerite, mêlée aux convulsions de la guerre des Deux-Roses en Angleterre, restera la plus célèbre de ses enfants dans la mémoire historique.
Quelle est la part du mythe dans la vie de René d'Anjou ?
La légende du « bon roi René », mécène jovial ayant introduit le muscat en Provence, doit beaucoup à une réécriture romantique de son personnage aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette image bienveillante occulte largement l'ampleur de ses échecs politiques et militaires, pourtant bien réels de son vivant. Le contraste entre le souverain vaincu qu'il fut réellement et le sage protecteur des arts que retient la légende reste l'un des grands écarts de sa postérité.
Que reste-t-il de René d'Anjou aujourd'hui ?
Aix-en-Provence et Tarascon conservent aujourd'hui encore la mémoire de son mécénat, entre monuments, fêtes populaires et traditions locales qui lui sont attribuées. Son Livre du Cœur d'amour épris demeure une référence pour les historiens de l'art et de la littérature médiévale, notamment pour ses enluminures exceptionnelles. Sa fille Marguerite d'Anjou, elle, continue de fasciner les historiens anglais pour son rôle central dans la guerre des Deux-Roses.
Quelles sont les circonstances de la mort de René d'Anjou ?
Il meurt le 10 juillet 1480 à Aix-en-Provence, à l'âge de soixante et onze ans, après avoir passé ses dernières décennies loin des champs de bataille. Sans héritier mâle direct pour lui succéder en Provence, ses possessions reviennent à son neveu Charles du Maine, puis sont rattachées à la couronne de France dès 1481. Cette annexion marque la fin de l'indépendance provençale et clôt symboliquement l'épopée de la maison d'Anjou.





