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Collectionne les figures historiques d'Occitanie
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21 FIGURES OCCITANES À COLLECTIONNER

"Du mousquetaire gascon au maréchal qui signa l'armistice de 1918..."

Collectionne les grandes figures d'Occitanie

Terre de Gascogne et de Languedoc, l'Occitanie a donné à la France un mousquetaire devenu mythe littéraire, des maréchaux d'Empire au sang chaud, un déchiffreur de hiéroglyphes et un tribun assassiné à la veille d'une guerre mondiale. Du courage gascon des cadets de Gascogne à l'esprit frondeur d'un Jaurès, cette région du grand Sud-Ouest a toujours mêlé bravoure militaire et fièvre des idées.

Gaston de Foix (1489-1512)

Neveu de Louis XII, Gaston de Foix, duc de Nemours, prend à 21 ans le commandement de l'armée française en Italie et enchaîne les victoires fulgurantes contre les coalisés, ce qui lui vaut le surnom de « foudre d'Italie ». À Ravenne en 1512, il remporte une victoire décisive mais trouve la mort en poursuivant trop loin les troupes espagnoles en déroute — une fin brutale qui prive la France de l'un de ses plus brillants espoirs militaires.

D'Artagnan (v. 1611-1673)

Né Charles de Batz-Castelmore dans une famille de petite noblesse gasconne, D'Artagnan monte à Paris pour servir dans les mousquetaires du roi et gravit les échelons jusqu'à devenir capitaine-lieutenant, quasi-commandant en second de la compagnie sous Louis XIV. Sa mort au siège de Maastricht en 1673 aurait pu le vouer à l'oubli sans Alexandre Dumas, qui s'inspire un siècle et demi plus tard de ses mémoires (largement romancées) pour en faire le héros des Trois Mousquetaires.

Jean Calas (1698-1762)

Marchand protestant de Toulouse, Jean Calas est accusé à tort d'avoir tué son fils pour l'empêcher de se convertir au catholicisme — alors que tout indique un suicide. Jugé dans un climat de haine religieuse, il est roué vif en 1762 en clamant son innocence jusqu'au bout.

Voltaire, ému par cette injustice, mène une campagne de trois ans qui aboutit à sa réhabilitation posthume en 1765 et inspire son Traité sur la tolérance — l'affaire Calas devient l'un des symboles fondateurs du combat des Lumières contre le fanatisme.

Jean-François de La Pérouse (1741-1788)

Né près d'Albi, Jean-François de La Pérouse est un marin expérimenté lorsque Louis XVI lui confie en 1785 le commandement d'une expédition scientifique destinée à faire le tour du monde et concurrencer les découvertes de James Cook. Après avoir exploré le Pacifique, l'Alaska et longé les côtes asiatiques pendant trois ans, ses deux navires disparaissent corps et biens en 1788 près des îles Salomon — mystère qui ne sera élucidé qu'au XXe siècle avec la découverte de l'épave à Vanikoro.

Olympe de Gouges (1748-1793)

Née à Montauban, Olympe de Gouges s'impose à Paris comme femme de lettres et pamphlétaire engagée contre l'esclavage et pour les droits des femmes. En 1791, elle publie sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qui réclame l'égalité juridique et politique entre les sexes — texte fondateur resté sans effet sur son temps mais devenu une référence du féminisme moderne.

Ses prises de position politiques, notamment en faveur de Louis XVI lors de son procès, lui valent d'être guillotinée en novembre 1793 sous la Terreur.

JJR de Cambacérès (1753-1824)

Juriste montpelliérain rompu aux subtilités du droit, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès devient Second Consul aux côtés de Bonaparte puis architecte principal du Code civil de 1804, monument juridique qui unifie le droit français et inspire des dizaines de législations à travers le monde. Fait archichancelier de l'Empire, il assure l'intérim du pouvoir lors des campagnes militaires de Napoléon.

Joachim Murat (1767-1815)

Fils d'aubergiste du Lot, Joachim Murat devient le plus flamboyant cavalier de la Révolution puis de l'Empire, réputé pour ses charges audacieuses et ses uniformes extravagants couverts de plumes et de broderies. Beau-frère de Napoléon après son mariage avec Caroline Bonaparte, il est fait roi de Naples en 1808.

Après la chute de l'Empire, il tente de reconquérir son royaume par les armes en 1815 mais est capturé et fusillé — face au peloton, il aurait lui-même donné l'ordre de tirer, refusant qu'on lui bande les yeux.

Maréchal Lannes (1769-1809)

Fils d'un garçon d'écurie de Lectoure, Jean Lannes s'engage comme simple soldat et gravit tous les échelons jusqu'au bâton de maréchal grâce à un courage physique hors norme qui lui vaut le surnom de « Roland de l'armée ». Ami intime et franc-parler de Napoléon, l'un des rares à oser le contredire ouvertement, il meurt des suites de blessures reçues à la bataille d'Essling en 1809, plongeant l'Empereur dans un chagrin sincère.

Jean-François Champollion (1790-1832)

Né à Figeac, Jean-François Champollion se passionne dès l'enfance pour les langues anciennes et consacre sa vie à percer le mystère des hiéroglyphes égyptiens. En 1822, en s'appuyant sur la pierre de Rosette, il parvient à déchiffrer l'écriture égyptienne, faisant renaître d'un coup quatre mille ans d'une civilisation jusque-là muette et fondant l'égyptologie moderne.

Théophile Gautier (1811-1872)

Originaire de Tarbes, Théophile Gautier débute comme peintre avant de se tourner vers l'écriture et de devenir l'un des chefs de file du romantisme puis théoricien du mouvement « l'art pour l'art », défendant une littérature libérée de toute morale utilitaire. Romancier (Le Capitaine Fracasse), poète et critique redouté, il exerce une influence considérable sur les générations suivantes, de Baudelaire aux Parnassiens.

Capitaine Danjou (1828-1863)

Officier de la Légion étrangère amputé d'une main lors d'un précédent engagement et doté d'une prothèse en bois, le capitaine Jean Danjou commande en 1863 une soixantaine de légionnaires encerclés par plusieurs milliers de soldats mexicains près du hameau de Camerone. Le combat, mené jusqu'à l'épuisement des munitions et la mort de la quasi-totalité des hommes, devient un mythe fondateur de la Légion étrangère, commémoré chaque 30 avril.

Léon Gambetta (1838-1882)

Avocat né à Cahors, Léon Gambetta proclame la République le 4 septembre 1870 depuis l'Hôtel de Ville de Paris après l'effondrement du Second Empire à Sedan. Alors que Paris est assiégé par les Prussiens, il s'en échappe en ballon pour organiser depuis la province la résistance nationale — épisode spectaculaire qui fait de lui une figure héroïque de la défense républicaine.

Bernadette Soubirous (1844-1879)

Jeune fille pauvre et illettrée de Lourdes, Bernadette Soubirous affirme en 1858 avoir vu à dix-huit reprises une « dame » dans la grotte de Massabielle, qu'elle identifiera plus tard comme la Vierge Marie. Malgré les interrogatoires méfiants des autorités civiles et religieuses, son témoignage constant fait de Lourdes l'un des plus grands lieux de pèlerinage catholique au monde ; elle est canonisée en 1933.

Maréchal Foch (1851-1929)

Né à Tarbes, Ferdinand Foch théorise avant-guerre l'importance du moral dans la victoire militaire avant de la démontrer sur le terrain : nommé généralissime des armées alliées en 1918, il coordonne la contre-offensive victorieuse qui met fin à la Première Guerre mondiale.

C'est dans son wagon-restaurant aménagé en salon, stationné dans la forêt de Compiègne, qu'il reçoit la délégation allemande et signe l'armistice le 11 novembre 1918.

Général Joffre (1852-1931)

Né à Rivesaltes, Joseph Joffre prend le commandement de l'armée française à la veille de la Première Guerre mondiale et doit encaisser les lourdes défaites de l'été 1914 face à l'invasion allemande. Son sang-froid légendaire — surnommé « Papa Joffre » par ses troupes — lui permet de réorganiser les forces françaises et de remporter en septembre 1914 la première bataille de la Marne, stoppant net l'avancée allemande vers Paris.

Jean Jaurès (1859-1914)

Normalien agrégé de philosophie né à Castres, Jean Jaurès devient la grande voix du socialisme français, fondateur du journal L'Humanité en 1904 et infatigable défenseur des ouvriers, de la laïcité et de la paix entre les nations européennes.

Alors qu'il milite jusqu'au dernier moment contre l'engrenage qui mène à la Première Guerre mondiale, il est assassiné le 31 juillet 1914 dans un café parisien par un nationaliste exalté — trois jours avant la déclaration de guerre qu'il avait tant redoutée.

Gaston Doumergue (1863-1937)

Né à Aigues-Vives dans le Gard, Gaston Doumergue mène une longue carrière ministérielle avant d'être élu président de la République en 1924, seul protestant à avoir occupé cette fonction. Rappelé aux affaires en 1934 en pleine crise politique après les émeutes du 6 février, il forme un gouvernement d'union nationale avant de se retirer définitivement de la vie publique quelques mois plus tard.

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901)

Issu d'une illustre famille aristocratique d'Albi, Henri de Toulouse-Lautrec souffre d'une maladie génétique aggravée par la consanguinité de ses parents, qui stoppe la croissance de ses jambes après deux fractures dans l'enfance. Installé à Montmartre, il devient le chroniqueur en peinture et en affiches du monde interlope des cabarets et du Moulin Rouge, saisissant avec une acuité inégalée danseuses, chanteuses et habitués de la nuit parisienne.

Vincent Auriol (1884-1966)

Né à Revel en Haute-Garonne, Vincent Auriol, avocat et militant socialiste de longue date, devient en 1947 le premier président de la IVe République naissante. Il exerce la fonction avec un sens aigu du rôle d'arbitre au-dessus des partis, dans un régime marqué par l'instabilité gouvernementale.

Jean Moulin (1899-1943)

Né à Béziers, Jean Moulin est le plus jeune préfet de France lorsque la guerre éclate ; refusant de signer un texte calomniant les tirailleurs sénégalais, il tente de se trancher la gorge plutôt que de céder aux pressions de l'occupant. Rallié à de Gaulle à Londres, il est parachuté en France pour unifier les mouvements de résistance dispersés, mission qui aboutit à la création du Conseil National de la Résistance en mai 1943.

Arrêté quelques semaines plus tard à Caluire, il est torturé par Klaus Barbie sans jamais parler et meurt des suites de ses blessures en juillet 1943, devenant le symbole absolu du sacrifice résistant.

Georges Brassens (1921-1981)

Né à Sète, Georges Brassens compose des chansons à la fois tendres et provocatrices, mêlant argot, références littéraires et anarchisme tranquille, qui bousculent la bienséance des années 1950. Devenu l'un des plus grands poètes-chanteurs français, il conquiert peu à peu le respect du public comme de la critique, jusqu'à devenir une figure quasi-sacrée de la chanson française.

En parcourant ces figures occitanes, c'est tout un tempérament qui se dessine : le sens de l'honneur du mousquetaire, l'audace des maréchaux d'Empire, la rigueur des savants et le franc-parler des tribuns — une région qui n'a jamais craint de dire ce qu'elle pense ni de payer le prix de ses convictions.

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